Gérard Garouste « En chemin » à la La Fondation Maeght

Gérard Garouste

La Fondation Maeght consacre son exposition d’été à Gérard Garouste. Elle rend ainsi hommage à ce peintre énigmatique, exposé dès les années 1980 dans les plus grandes galeries et musées nationaux, européens comme aux Etats-Unis, au Japon ou en Amérique latine. « Fidèle à l’esprit de la Fondation, précise Adrien Maeght son président, cette exposition, tout en ayant une dimension rétrospective, présentera la création et les recherches actuelles de Gérard Garouste. Le titre de l’exposition « En chemin » exprime ce présent de la création. Elle offrira d’explorer la vitalité du travail récent du peintre et du sculpteur. » À ce titre, Gérard Garouste a accepté d’ouvrir très largement ses carnets qui seront montrés au public pour la première fois. Cette exposition invite ainsi à cheminer avec l’artiste, à découvrir ou mieux comprendre le mouvement dont il a fait son principe.

Après une exposition consacrée à Jörg Immendorff, Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation Maeght, souhaite, avec Gérard Garouste, que l’on continue à s’interroger sur la figure engagée de l’artiste. « Dans l’oeuvre de Gérard Garouste, nous rencontrons souvent la représentation du peintre. Il est celui qui déambule, inquiète, pose des questions, essaye d’éclairer le principe d’incertitude qui anime la matière du monde, explique Olivier Kaeppelin. En vérité, on découvre en s’approchant qu’il ne s’agit pas nécessairement du peintre lui-même. L’artiste prête ses traits à des protagonistes, figures ordinaires ou mythiques, parfois semi-animalières, dans un étrange langage des signes. Il met en scène son histoire, ses études et recherches, ses inspirations littéraires, ses dialogues avec certains textes comme ceux d’Edmond Jabès, mais aussi ses rêveries ou ses associations d’idées. Il s’adresse à l’autre, à nous, parce que c’est bien de nous qu’il s’agit. »

« Je mets en scène des histoires, la peinture les fait ensuite voyager, elle les dépose sur d’autres rétines que la mienne, réveille d’autres mémoires, d’autres morts, d’autres questions. Sa destinée est d’être regardée, de résonner, de s’émanciper, de s’éloigner du sujet dont elle est issue. » Gérard Garouste, dans L’Intranquille.

L’exposition proposée par la Fondation Maeght sera l’occasion de découvrir un ensemble de près de 80 peintures, sculptures et dessins avec des oeuvres inédites, spécialement réalisées en 2015 pour cette exposition, parmi lesquelles, dans la cour Giacometti, une sculpture, nouvelle commande de son galeriste Daniel Templon.

« Mes toiles n’affirment rien, elles sont une invitation à relire» revendique l’artiste qui explique : « la peinture a enchanté mes doigts, ce sont les livres qui ont nettoyé ma tête. C’est avec La Divine comédie de Dante que ça a commencé. La suite est une succession de livres et de mots. Ils m’ont fait peindre ».

L’accrochage proposé par Olivier Kaeppelin, se lit comme un parcours provocateur d’interprétations et d’associations libres. L’exposition présente des figures qui deviennent plus familères au fil des découvertes, ou, au contraire, gagnent en étrangeté. Les scènes d’inspiration littéraire ou mythologique dialoguent avec les portraits de famille et d’amis, comme dans un jeu de miroirs déformants. Les relations entre les oeuvres suivent le fil de la pensée intranquille que nous propose le créateur. Il s’agit, avec notre vie, tous nos sens, d’être plus présent au réel à travers le « principe d’incertitude », constructeur de ce réel, pour l’art comme pour la théorie quantique à laquelle Gérard Garouste fait allusion dans son tableau le Chat de Schrodinger.

Photo : Dérive, 2010, huile sur toile, 114 x 195 cm

CARNETS INEDITS

Très importants dans le travail du peintre, les carnets de Gérard Garouste matérialisent une phase de transformation et de recherche, où sa mémoire visuelle croise son imagination. « Dans mes carnets, commente-t-il, rien n’est en couleur, mais je les vois. » À la Fondation Maeght, Gérard Garouste les présente pour la première fois. Les découvrir sera pour les visiteurs comme pénétrer les coulisses du peintre-alchimiste, qui explique : « J’aime qu’il y ait le plus de temps possible entre un croquis et un tableau, au minimum trois mois. Alors, après l’étude, je traverse le jardin, je deviens un artisan ».

Garouste - carnet de dessins

Extrait d’un carnet de dessins de l’artiste.

GÉRARD GAROUSTE « EN CHEMIN »

Le catalogue de l’exposition est une co-édition des éditions Flammarion et de la Fondation Maeght. Il contient une préface d’Adrien Maeght, des textes de Marc-Alain Ouaknin, d’Olivier Kaeppelin et d’Hortense Lyon dont un entretien avec Gérard Garouste. L’ouvrage comportera une reproduction inédite des carnets de Gérard Garouste.

Garouste - Marionnette a la Robe rouge

Marionnette à la Robe rouge
2015, huile sur toile, 73 x 50 cm.

Informations pratiques

Garouste

Le Chat de Schrodinger
2015, huile sur toile, 81 x 65 cm.

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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