• Participez au sixMic Crowfunding !

François Desagnat « Le Jeu de la Vérité »

Le Jeu de la Vérité
Copyright Photo Christophe Filip © Europacorp 2013

Le Jeu de la Vérité : Au cours d’un de leurs habituels dîners hebdomadaires, trois jeunes quadras vont retrouver Margaux, leur coup de coeur d’ados. Mais la surprise que leur réserve l’ancienne « bombe du lycée » risque de bouleverser le cours de la soirée…

 Vanessa DEMoUy

Quel est le sujet du Jeu de la vérité ?

Pour moi, la pièce, comme le film, parle de la part d’enfance qu’on a gardée et du bilan qu’on est parfois amené à faire à la quarantaine : on tâche de voir si nos rêves de gosses sont toujours là et si on n’a pas trop trahi l’enfant qu’on était. Voilà donc trois «adulescents» qui se connaissent depuis le lycée, qui ne se sont jamais quittés, et qui, au cours d’un de leurs dîners hebdomadaires, vont retrouver leur amour de jeunesse – leur fantasme d’adolescent. C’est l’occasion, pour eux, de s’interroger sur ce qu’ils sont devenus et où ils en sont dans leur vie. Mais ils vont aussi devoir se dévoiler les uns aux autres et faire preuve d’honnêteté : ils vont être, en l’espace d’une soirée, amenés enfin à grandir.

Vanessa Demouy
Vanessa Demouy – Copyright Photo Christophe Filip © Europacorp 2013

Comment pourriez-vous dépeindre Margaux, que vous interprétez ?

Seul personnage féminin du film, Margaux est une femme à l’aise dans son époque. Une femme qui a du caractère, qui sait où elle en est, ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut plus. Contrairement aux garçons, elle a évolué avec son âge et elle n’est pas restée bloquée dans une nostalgie adolescente. De toute manière, la vie l’a obligée à aller de l’avant et à affronter les épreuves. Du coup, quand elle arrive au dîner, c’est la seule qui soit sereine et bien dans sa peau. Et elle va jouer le rôle d’un révélateur pour les garçons…

Comment avez-vous construit votre personnage ?

Quel que soit le personnage que l’on interprète, on y met toujours une part de soi, même si on pioche des éléments de son entourage, sans le savoir et sans le vouloir. Je suis une véritable éponge : je m’inspire des gens que je croise à des dîners en ville ou chez des amis. C’est un processus plutôt inconscient, à travers lequel on va chercher des choses qu’on a vécues et qui nous rappellent des émotions. Dans tous mes personnages, il y a beaucoup de traits de mes copines, mais elles ne le savent pas vraiment ! (rires)

Quel est le trait de caractère dominant de Margaux ?

Elle n’est pas joueuse, mais elle est très sincère. C’est sans doute la plus honnête des quatre : elle vient vraiment telle qu’elle est. Elle ne triche pas et elle ne se cache pas. D’ailleurs, elle en est incapable. Je crois que c’est là un point commun que nous partageons toutes les deux. Le jeu constitue un moyen pour faire dire à ses amis ce qu’elle a envie d’entendre. Elle aime rire, elle est joyeuse et les garçons l’amusent énormément. Mais elle n’est pas légère ! Chaque mot dans ce jeu a une vraie résonance chez elle et implique forcément une réaction. Au cours de cette soirée, la seule chose – et pas des moindres ! – qui se joue, c’est son avenir.

Quand les garçons retrouvent Margaux, ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

Elle a été victime d’un accident il y a treize ans, à la suite duquel elle est restée handicapée. Mais son fauteuil n’enlève rien à sa féminité. Car avant d’être handicapée, c’est une femme ! D’ailleurs, pendant toute la durée d’exploitation de la pièce, beaucoup de femmes en fauteuil sont venues voir le spectacle et m’ont écrit pour me dire qu’elles avaient trouvé extraordinaire de parler d’une femme handicapée qui a des désirs et des fantasmes, et qui a envie de plaire. Car leur féminité ne s’arrête pas le jour où elles perdent l’usage de leur corps. Aujourd’hui, Margaux a dépassé le traumatisme lié à son accident : elle a parcouru un chemin de deuil pour réinventer sa féminité, sans jamais céder à l’apitoiement sur son sort. Mais soudain, dans le regard de ses amis d’enfance, elle se retrouve confrontée malgré elle à un événement qu’elle avait surmonté. Heureusement, l’humour les rattrape tous.

Qu’attend-elle en allant à la rencontre des trois garçons ?

Au moment où elle entre dans cet appartement, elle sait ce qu’elle va y trouver : elle vient chercher une réponse pour lui permettre de prendre une décision qui déterminera la suite de sa vie. C’est donc un test énorme pour elle. Du coup, elle scrute le moindre geste, le moindre regard. D’ailleurs, si elle a mis aussi longtemps à les recontacter, c’est qu’avant, elle n’était pas prête. Elle met donc àl’épreuve tout le travail qu’elle a fait sur elle-même.

Comment avez-vous réagi lorsqu’on vous a proposé de reprendre au cinémale rôle que vous aviez joué dans la pièce ?

Le spectacle a été créé en 2005 : autant dire qu’on porte les personnages depuis très longtemps et qu’ils font quasiment partie de nous. Du coup, j’étais très intriguée car je me demandais comment on allait transposer la pièce à l’écran et si le résultat n’allait pas être une banale captation. Ce qui m’a beaucoup rassurée, c’est de visionner quelques rushes pendant le tournage : bien qu’il s’agisse de la même histoire et des mêmes personnages, on avait l’impression d’assister à une nouvelle aventure, dont nous étions les spectateurs. Car, si au théâtre, on va vers le spectateur, au cinéma, la caméra vient prendre des choses qui nous échappent, sans qu’on s’en rende compte. Par exemple, j’ai noté une grande pudeur dans le regard de mon personnage, que je n’avais jamais observée avant. C’était très étrange, et en même temps magique, de découvrir encore des choses nouvelles.

Sur le plan de la mise en scène, y a-t-il eu des changements dans votre gestuelle ?

Absolument ! Dans un premier temps, François Desagnat a dû casser nos codes et nos conventions, qui étaient quasiment devenus des réflexes depuis le temps qu’on interprète cette pièce. Puis, il a apporté sa patte, sans pour autant dénaturer le texte. Du coup, l’ensemble fonctionne remarquablement bien ! Par exemple, les scènes qui se déroulent dans l’appartement de Jules sont très différentes dans la mesure où, au théâtre, on devait se positionner face au public le plus possible, alors que, pour le film, on pouvait se donner la réplique en regardant son partenaire. On découvre alors des attitudes et des mimiques chez l’autre qu’on ne voyait pas forcément sur scène.

Certaines séquences ont été tournées à deux caméras : cela a-t-il des conséquencessur votre jeu ?

Pas vraiment. Bien sûr, dans les plans larges, on a davantage de liberté de mouvement. À l’inverse, plus la caméra se rapproche, plus on doit être précis. Quand il y a un plan sur l’appartement et qu’on filme quatre personnages ensemble, on s’attache plutôt à une gestuelle. Si, d’un coup, le cadre se rétrécit, on ne doit pas avoir l’air figé et, en même temps, on ne peut pas non plus se permettre des gestes trop brusques ou trop fantaisistes. Mais ce qui compte avant tout à mes yeux, c’est de rester le plus naturel possible.

Y a-t-il eu de la place pour l’improvisation au cours du tournage ? Non, et c’est assez logique. Nous avons eu une longue phase de recherches et d’essais avec François avant le tournage, car on voulait raconter l’histoire de la manière la plus fluide et la plus logique possible. Du coup, une fois qu’on s’est mis d’accord, on n’a plus rien modifié. Si on avait dû faire des impros, la scripte se serait arraché les cheveux ! (rires)

Quelle était l’atmosphère sur le plateau ?

Le tournage s’est déroulé dans une ambiance très détendue. On avait besoin du regard bienveillant des uns des autres, et on a eu la chance d’être entouré d’une équipe technique en or. Chaque jour, sur le plateau, on sentait que tout le monde donnait le meilleur de soi pour que le film soit le plus réussi possible. Nous étions à la fois dans le plaisir, et dans le partage. D’ailleurs, c’était d’autant plus important qu’on se soutienne que nous avons tourné parfois dans des températures excessivement élevées. Mais personne n’a baissé les bras car on se remotivait sans cesse. La vraie différence par rapport à notre expérience de la scène, c’est qu’au théâtre, on arrive à se débrouiller entre les acteurs et le metteur en scène pour jouer un spectacle et donner du plaisir au public. En revanche, le cinéma est un vrai travail d’équipe : aucun d’entre nous n’existe sans les autres, si bien qu’on doit impérativement fonctionner en cohésion.

Qu’est-ce qui vous a le plus émue dans le film ?

La scène où les trois garçons attendent mon arrivée : ils sont en train de préparer l’apéro et gardent le silence. Ils ne se parlent pas, mais ils se regardent : ce plan dure quelques secondes et l’atmosphère est assez magique. On sent l’amour de ces mecs pourtant si différents car ils ont vraiment chacun leur propre personnalité.

Le public qui a été séduit par la pièce trouvera-t-il des échos dans le film ?

Il y trouvera une proximité ! La pièce est formidable, mais le film sera une expérience très différente car, tout à coup, les spectateurs seront vraiment avec nous, et auront accès au moindre détail, au moindre changement d’attitude, au moindre frémissement d’émotion – tout est capté par la caméra. Dans le même temps, si au théâtre on est plus proche physiquement du public en raison de l’unité de lieu et des interactions entre la scène et les spectateurs, je pense qu’il y a une plus grande intimité avec les personnages au cinéma. C’est assez étrange…

Retrouvez le 22 janvier au cinéma, les quatre talentueux acteurs qui ont fait le succès de la pièce du même nom : Philippe Lellouche, Vanessa Demouy, Christian Vadim et David Brécourt ! Un film réalisé par François Desagnat.

La bande Annonce du Film « Le Jeu de la Vérité » :

Making-of « Une histoire d’amitié » :

 

  • Voir les commentaires : (0)

Publicité