François-André VINCENT (1746-1816), Un artiste entre Fragonard et David

François-André VINCENT
François-André VINCENT 6. Alcibiade recevant les leçons de Socrate 1777 Huile sur toile, 0,986 x 1,310 m. Montpellier Agglomération, musée Fabre © Musée Fabre de Montpellier Agglomération – cliché Frédéric Jaulmes Service presse / MBA tours

À l’occasion de la publication chez Arthena d’une importante monographie, incluant un catalogue raisonné, consacrée à François‐André Vincent (1746‐1816) par Jean‐Pierre Cuzin, ancien conservateur général du département des peintures du musée du Louvre, le musée des Beaux‐Arts de Tours et le musée Fabre de Montpellier Agglomération, qui conservent des oeuvres de cet artiste, s’associent pour organiser, en deux temps et deux lieux, d’octobre 2013 à mai 2014, la première exposition qui lui soit consacrée.

À travers la sélection de plus d’une centaine d’oeuvres, provenant de collections françaises et étrangères, publiques et privées, l’exposition entend redonner à l’artiste sa place dans l’histoire de l’art, dans la production d’une époque charnière et souligner les apports originaux de son oeuvre. Souvent novateur dans les thèmes abordés, il a ouvert la voie à un répertoire renouvelé. Les publications récentes ont en effet montré l’importance de François‐André Vincent, aussi bien pour la peinture que pour le dessin. Ses oeuvres, entre deux mondes stylistiques, ont pu être confondues avec celles de Fragonard comme avec celles de David. L’artiste tient une place essentielle dans la peinture française comme promoteur des sujets empruntés à l’Antiquité comme de ceux pris à l’Histoire de France. Il peut apparaître aussi, à beaucoup d’égards, comme un « préromantique ». Son rôle dans le domaine du portrait se révèle capital. Il est également un magnifique dessinateur, qui sut passer brillamment du lavis à la sanguine, du trait de plume au crayon estompé. Vincent est aussi l’auteur de caricatures particulièrement savoureuses et novatrices.

Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication/ Direction générale des patrimoines/ Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’Etat. Elle devrait apporter la révélation d’un grand artiste jusqu’ici méconnu et dont les oeuvres enrichissent les collections publiques et privées les plus prestigieuses, tant en Europe qu’à l’étranger.

Enfin, une sélection de dessins de Vincent, dans les collections publiques et privées parisiennes, fera l’objet d’une présentation au musée Cognacq‐Jay, du 26 mars au 30 juin 2014.

Le commissariat Le commissariat de l’exposition est constitué, aux côtés de Jean‐Pierre Cuzin qui a sélectionné peintures et dessins, d’Isabelle Mayer‐Michalon, docteur en histoire de l’art, de Sophie Join‐Lambert, conservateur en chef du Patrimoine, directeur du musée des Beaux‐Arts de Tours, Michel Hilaire, conservateur général du Patrimoine, directeur du musée Fabre de Montpellier Agglomération, Véronique Moreau, conservateur en chef du Patrimoine, chargée des collections de peintures du XIXe siècle au musée des Beaux‐Arts de Tours et Olivier Zeder, conservateur en chef du Patrimoine, chargé des collections de peintures et de sculptures anciennes au musée Fabre de Montpellier Agglomération.

Enfin une exposition Vincent !

Par Jean-Pierre Cuzin, commissaire de l’exposition

L’exposition de Tours et Montpellier accompagne la publication d’un livre monographique sur François-André Vincent, avec un catalogue raisonné des peintures et des dessins. C’est le résultat d’une longue entreprise qui remonte à 1970, avec un travail universitaire réalisé sous la direction d’André Chastel et d’Antoine Schnapper, consacré aux seules caricatures. Celui-ci s’est poursuivi avec des publications à l’occasion de l’exposition David à Delacroix en 1974, un livre-album sur les dessins en 1988, des articles dans diverses revues au cours des années 1980 et des contributions à des catalogues d’exposition. Ces recherches ont été l’occasion de travaux sur Fragonard, l’aîné de Vincent, souvent confondu avec ce dernier.

La personnalité de Vincent a du être reconstituée non seulement en conduisant une enquête sur ses œuvres, conservées ou perdues, mais en lui restituant tableaux et dessins donnés à d’autres artistes : à Fragonard, mais aussi à beaucoup de grands peintres comme David, Boilly, Gros, Géricault et Delacroix. On est allé jusqu’à donner à Velasquez une de ses peintures ! Ces noms donnent une idée de la variété de ses œuvres et de leur qualité.

Cet artiste considéré dans les années 1780 comme le digne rival de David dont il est de deux ans l’aîné, puis supplanté par ce dernier, affirme son originalité dans son intérêt précoce pour les sujets de l’histoire antique (Bélisaire, les Sabines, thèmes traités avant David), et encore plus dans ceux de l’histoire de France (Molé et les factieux, Vie de Henri IV).

Son talent pour le portrait, évident dès les débuts de sa carrière, s’exprime notamment à l’époque révolutionnaire, dans des toiles rivalisant avec celles de David. Ce sens des physionomies individuelles se révèle particulièrement dans ses portraits-charge dessinés ; il est en France le créateur d’un genre qui verra son plein développement au siècle suivant et laisse des représentations cocasses et d’un grand intérêt documentaire de ses amis artistes de l’Académie de France à Rome (1771-1775) puis de ses collègues à l’Institut après 1795.

A travers les facettes contradictoires de sa personnalité, Vincent, d’abord proche de Fragonard, puis l’un des premiers « néo-classiques », apparaît très souvent comme un précurseur du romantisme.

Musée des Beaux‐Arts de Tours
18 Place François Sicard
37000 Tours
www.mba.tours.fr

 

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