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Floriane de Lassée s’expose à la Galerie Particulière

Floriane de Lassée

Floriane de Lassée « Modern Sati » :  La Sati est l’acte des veuves hindoues s’immolant sur le bûcher funéraire de leurs maris afin de remplir leur rôle d’épouse. « Présences » la nouvelle série de photographies de Floriane de Lassée.

Après avoir été diplômée de l’école de graphisme Penninghen-ESAG (Paris) en 2000 puis de l’International Center of Photography (NYC) en 2004, Floriane de Lassée devient photographe. Sa série de mises en scène nocturnes, Inside Views (2004-2011), dresse un portrait mystérieux et mélancolique de femmes vivant dans les mégapoles. Inside Views a fait l’objet d’une monographie éditée chez Nazraeli Press en 2008. Pour donner un nouveau souffle à son travail, elle part en 2012-2013, sur les routes autour du monde. Elle y réalise deux séries : Half the sky complète ses photographies urbaines intiales mais parles de destins féminins très variés; l’autre, How Much Can You Carry est une réflexion sur le “poids de la vie”; un ouvrage du même nom est sorti en 2014 aux éditions Filigranes. A partir du 12 janvier 2017,  nous propose de découvrir photographiquement parlant un univers méconnu de la femme indienne mariée : « Modern Sati ».

Lorsqu’une femme indienne se marie, elle devient la propriété de sa belle-famille et n’appartient plus à la sienne propre. Ancestralement, si l’époux mourrait, elle devait le suivre dans l’au-delà. La Sati est l’acte des veuves hindoues s’immolant sur le bûcher funéraire de leurs maris afin de remplir leur rôle d’épouse. L’interdiction de cette pratique séculaire en 1829 n’aura pas suffi à changer le quotidien des femmes. Même si aujourd’hui, les veuves ne sont plus sacrifiées, comme « le Tour du monde en 80 jours » de Jules Verne le décrivait, la tradition continue de façon pernicieuse.

Dans le meilleur des cas, une veuve devient l’esclave de sa belle mère, et souvent par « malchance », un accident de cuisine, une chute d’escaliers ou encore une attaque à l’acide fait disparaître l’indésirable. Laissant à la belle-mère l’honneur d’élever ses petits-enfants orphelins. Le plus souvent dans l’Inde moderne, les femmes veuves ou non, restent encore soumises au diktat de société pourtant en plein bouleversement. Lors du décès de l’époux, lors d’un viol, d’un divorce ou pour un simple désir d’autonomie financière, les femmes n’ont souvent d’autres choix que de disparaître physiquement ou socialement. Leur statut reste fondamentalement inchangé cadenassé par le carcan des traditions. C’est la Sati moderne. Chaque photographie synthétise, dans une composition recherchée, des éléments symboliques et acquiert une profondeur qui provoque l’introspection et la méditation chez le spectateur. Le caractère allégorique du feu à la fois purificateur et passeur, la lumière crépusculaire qui correspond à l’heure de la réflexion, le decorum empreint de solitude, tout invite à la prise de conscience des combats à mener pour le respect des libertés individuelles à l’échelle de l’humanité. Cette progression déceptive oblige à relire l’image et fait apparaître la force esthétique des photographies prises en 2016 au Rajasthan (état du nord-ouest de l’Inde) où Floriane de Lassée s’est rendue pour témoigner de la condition féminine alarmante.

Photo : Meena Sagar, 2016, tirage lambda sur Fujiflex, 140 x 105 cm – 80 x 60 cm

Présences

Qui se cache derrière cette paroi ? Que fait cette femme ? La nouvelle série de photographies de Floriane de Lassée, Présences, reprend le motif de la fenêtre derrière laquelle des solitudes apparaissaient, dans les mégapoles de la série Inside Views, pour cette fois-ci, présenter plus explicitement l’être humain hors de tout contexte. Un corps à corps avec la paroi s’engage alors que le regardeur s’interroge sur le sens de cette chorégraphie sans nom et sans visage. Floriane de Lassée a donné pour seule consigne à ses modèles de chercher à passer de l’autre côté de cette paroi vitrée, semi opaque. La photographe saisit les pauses de ces modèles anonymes au moment où les zones de contact deviennent des îlots de netteté. Justement, leur anonymat et l’absence de contexte de ces images augmentent les interrogations. Floriane de Lassée s’amuse des émotions que ses photographies peuvent provoquer : l’attirance et la fascination sont suscitées tour à tour, redoublées par le dispositif des caissons lumineux qui reproduisent à échelle humaine les corps de ces silhouettes éthérées. Est-ce une situation réelle ou bien virtuelle ? A t-on à faire à une personne physique ou à son impression photographique sur film? Une chose est certaine : le regardeur est en position de voyeur et la mise en situation des photographies instille le doute. Le dispositif mis en place est proche de celui de l’installation. Floriane de Lassée peut modifier l’intensité de chaque caisson afin de s’adapter à la luminosité du lieu dans lequel elle expose ses œuvres.

Floriane de Lassée est représentée par La Galerie Particulière (Paris) & Edelman gallery (Chicago) et l’agence Laurence Boué.(Paris)

Floriane de Lassée – Sans Titre, 2015, Caisson lumineux, 190 x 125 cm

Informations pratiques :

Présences de Floriane de Lassée

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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