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Fleur Pellerin a l’heure des pactes, des villes et des festivals

Fleur pellerin

Crédit photo : Nicolas Reitzaum, 2011

L’argent maître mots de nos existences, l’argent qui fait et défait des vies, des aspirations, des envies. Pratiquement partout on vous parle d’argent, celui que l’on a pas, que l’on a plus.
Doit-on mourir de faim pour vivre cultiver ? Ou doit-on vivre bête et parfois méchant de ne pas pouvoir faire vivre la culture, ce ciment qui devrait renforcer les liens entre les hommes.
Pas… Plus de budget… Pas… Plus de personnes, licenciement, fermeture, annulation, sont aujourd’hui les mots, les maux qui rongent le peuple, ce peuple qui a besoin de culture comme il a besoin d’oxygène, la culture, source de vie et d’énergie.

Or,  si en 2014, 1615 festivals de musiques actuelles (jazz, chanson, musiques du monde, pop, rock, reggae, métal, musiques électroniques, rap…) ont retenti en France, l’heure est à l’inquiétude suite aux annonces d’annulation,  de report, ou de réduction de budget qui se multiplient en ce premier trimestre 2015.

Fleur Pellerin AFP

fleur pellerin AFP

Et pourtant, les festivals de musiques actuelles ont représenté plus du quart de la fréquentation payante des concerts, atteignant même 56 % en Bretagne, et ils ont représenté 19 % des droits collectés par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), en 2014, soit près de 14 millions d’euros…

Les retombées économiques des festivals sont pourtant conséquentes, et ceux-ci valorisent la création musicale en assurant la renommée des lieux où ils sont organisés.

En janvier dernier, Émeline Jersol, médiatrice culturelle, établissait une « cartocrise« , carte interactive des événements et structures culturelles qui ont disparu en France depuis mars 2014, soit 183 manifestations, faute de renouvellement de subventions…

Bien que cette carte ne fasse pas état des créations de festivals, elle a fait réagir la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, qui déclarait récemment :

« Il y a des festivals en danger, ça me préoccupe (…) Je lisais récemment qu’il y a une cinquantaine de festivals qui vont effectivement disparaître cette année mais 45 qui vont se créer. Je suis vigilante, mais pas extrêmement inquiète.

Or, le monde de la culture s’inquiète, il a besoin de réponses efficaces.

Festival

Pour y répondre, la ministre a renouvelé sa proposition de décembre dernier selon laquelle l’État était prêt à s’engager auprès des collectivités locales afin de maintenir l’offre culturelle en vigueur sur leur territoire, en mettant en place des « pactes ».

« J’ai lancé dès le mois de décembre dernier un appel à toutes les collectivités locales, villes, communautés de communes ou d’agglomération, qui se trouvent, comme l’État, face à des choix budgétaires très difficiles. Je leur propose de m’engager à leurs côtés en maintenant sur leur territoire les crédits du ministère de la culture pour les trois prochaines années, s’ils acceptent eux aussi de stabiliser leurs financements », a-t-elle ajouté.

Dans cette perspective, le gouvernement entend signer une quarantaine de pactes pour la culture avec des agglomérations françaises d’ici fin mai 2015. Ceux-ci prévoient la stabilité des financements de l’État en échange d’un engagement de la part des collectivités locales à maintenir leur effort en faveur de la culture.

Des « pactes » qui doivent ainsi permettre de se réunir « autour d’objectifs partagés de politique culturelle« . Un moyen de réaffirmer concrètement que « la culture se fait, sur le terrain, ensemble, collectivités et Etat réunis ». Plusieurs ont déjà été signés, « avec des villes de droite comme de gauche ». Fleur Pellerin compte développer davantage ce partenariat. Elle espère ainsi convaincre une trentaine de collectivités d’ici la fin du premier semestre 2015.

La ministre de la Culture rappelle par ailleurs que l’État s’est déjà engagé de son côté, l’année dernière, à préserver le budget de la Culture pour 2015 et son augmentation en 2016, « alors même que l’Etat réalisera 50 milliards d’économies sur la même période ». Une manière de réaffirmer la place importante qu’occupe la culture dans le paysage français.

« Les nombreuses collectivités engagées dans la culture le savent bien: investir dans la culture aujourd’hui, dans les projets artistiques comme dans les festivals, c’est investir dans la vitalité et la créativité de demain, accessibles à tous nos concitoyens, à notre jeunesse ; c’est aussi investir dans le développement économique de nos villes et de nos régions », souligne encore avec vigueur Fleur Pellerin.

« Le gouvernement auquel j’appartiens a fait le choix de préserver la culture (…). J’appelle les collectivités locales à faire le même choix », a déclaré Fleur Pellerin .

L’agglomération de Bourges a signé le sixième pacte du genre le 29 avril 2015 pour une durée de trois ans. Un gage pour sanctuariser les crédits dédiés à la culture, à défaut de les augmenter.

pascal blanc photo centre france

pascal blanc photo centre france

« Un signal fort » pour le maire, Pascal Blanc, qui a voulu faire preuve de volontarisme en terme de politique culturelle, face à des détracteurs lui reprochant peu de temps après son élection, l’an passé, de sacrifier un secteur, fragilisé par un budget contraint.

La contractualisation avec l’Etat, c’est au contraire selon le maire « sanctuariser nos crédits dédiés à la culture« , à défaut de les augmenter, notamment pour accompagner le projet de construction de la nouvelle Maison de la Culture évalué à 36 millions d’euros, sur lequel la ministre a réaffirmé son soutien à hauteur de 6 millions d’euros.

« Ce pacte culturel est un pas de plus dans la bonne direction. C’est en portant des projets forts comme celui de la scène nationale de Bourges, que nous créons des dynamiques utiles à tous, sur nos territoires » (…) »la culture st un bien commun, elle doit nous unir au-delà des clivages politiques », a insisté le maire

Ce contrat engage la Ville à investir chaque année 17% de son budget dans la culture pour un montant de 14,5 millions d’euros. « Pendant trois ans, l’Etat aide les villes qui font de la culture une priorité », a commenté la ministre Fleur Pellerin, qui plaide pour « une culture ouverte généreuse, et exigeante. Bourges est un endroit rêvé, c’est la ville associée au Printemps qui donne le ton aux festivals qui vont suivre ».

La culture a soif, éternellement soif, soif de vie et de moyen et c’est tant mieux. Elle a aussi besoin de réponses efficaces qui soient en permanence améliorées pour qu’elle devienne source de savoir et de lumière. Fleur Pellerin en a conscience et c’est tant mieux.

C’est dommage que les grands collectionneurs qui achètent à coups de millions de dollars des œuvres dans le seul but de spéculer optent pour une politique de l’autruche quand il s’agit de soutenir la culture.

Enfin, heureusement, la France a au moins la chance d’avoir un ministère de la culture, certes un ministère fauché, mais, qui fait quand même son travail.

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