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Félix Ziem, «J’ai rêvé le beau» peintures et aquarelles

Félix Ziem
Constantinople, le caïque de la sultane 1880 – 1890
Félix Ziem (1821-1911) Huile sur toile © Petit Palais / Roger-Viollet

Peintre de l’Orient des mille et une nuits, Félix Ziem (1821-1911) fut un artiste nomade, inclassable et excentrique… Ce grand voyageur, ami des peintres de Barbizon, admirateur du Lorrain et de Turner, occupe une place originale dans l’art du XIXe siècle. Ziem a su séduire une large clientèle qui aimait rêver de Venise ou de Constantinople devant ses toiles. Il débute sa longue carrière dans l’ombre de Delacroix et l’achève sur la butte Montmartre près de l’atelier du jeune Picasso. Après les rétrospectives présentées avec succès à Marseille, Martigues et Beaune, le Petit Palais expose une centaine d’oeuvres de la donation Ziem (peintures, aquarelles et dessins), entrée au musée en 1905.

L’eau et le ciel occupent une place prédominante dans les paysages lumineux qui ont fait sa renommée. Plus inattendus, ses carnets de voyage, ses croquis saisis sur le motif, ses copies d’après les maîtres italiens et hollandais, ses esquisses qui laissent libre cours aux élans de la couleur révèlent les secrets de l’atelier et racontent un autre Ziem.

PARCOURS DE L’EXPOSITION

Ziem est ici évoqué à partir des lieux qui inspirèrent sa quête d’une nature idéale, indifférent à la grande vague réaliste qui vint bouleverser l’art du paysage dans la deuxième moitié du XIXe siècle. La scénographie adopte le parti d’une présentation thématique, Ziem datant très rarement ses oeuvres. Une première section évoque l’importance des voyages dans la vie du peintre et les différents pays visités, de l’Italie jusqu’à la lointaine Russie. Plus jeune que les fondateurs de l’école de Barbizon, Ziem a néanmoins beaucoup peint avec eux et développé son goût pour le paysage en travaillant sur le motif. . La découverte du Midi, dans la troisième section est ensuite évoquée avec une série de toiles lumineuses peintes entre Marseille et Martigues, sa terre d’élection. Une section présente Ziem à Paris et son installation sur la Butte Montmartre. L’exposition se poursuit par l’évocation du peintre de Venise recherché par tous les marchands d’art parisiens et se termine par les oeuvres orientalistes.

Ziem et ses marchands
Actif de 1845 à 1910, Ziem fut un artiste prolixe, à la longévité exceptionnelle. On estime sa production à plus de 10 000 dessins et 6 000 peintures. Ses origines modestes, sa formation au dessin et à l’architecture en dehors des ateliers de l’école des Beaux-Arts de Paris, font de lui un peintre indépendant, peu soutenu par la critique. Sa carrière est pourtant celle d’une exceptionnelle réussite commerciale, menée avec le soutien des marchands d’art les plus actifs. Ceux avec lesquels Ziem choisit de travailler sont installés dans le quartier Drouot, à Paris : Goupil et Boussod, Beugniet, Durand-Ruel, Petit, Febvre. En 1872, l’année record pour ses ventes, Ziem gagne près de 200 000 francs. La moitié des peintures vendues représente Venise. Le prix de vente de ses oeuvres a doublé en presque cinquante ans. Le record est atteint à la vente Moreau Nélaton, où un Grand canal à Venise est vendu 49 500 francs.

La cote de Ziem reste bien établie dans les premières années du XXe siècle – une vue de Venise se négociant, en vente publique, entre 5 500 et 15 000 francs. Des prix que le Impressionnistes tels Renoir, Morisot ou Sisley tendent désormais à atteindre et vont bientôt dépasser. La renommée de l’artiste se mesure également au succès de la diffusion de son oeuvre par la gravure. OEuvre phare de la donation de 1905, Le Coup de canon fut gravée par Brunet-Debaisne.

BIOGRAPHIE

Félix Ziem est né le 25 février 1821 à Beaune. Placé chez un ami architecte dès l’âge de 12 ans, il entre en 1837 à l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon, dans la section architecture grâce à une bourse du Département. Exclu de l’école, il quitte le domicile paternel pour retrouver son demi-frère Georges installé à Marseille.

Il est alors engagé comme conducteur de travaux dans l’entreprise chargée de construire le canal de Marseille. Il pratique le dessin et l’aquarelle. Ses vues de Marseille lui font une rapide réputation qui lui permet d’ouvrir son propre atelier. En 1841, il quitte Marseille pour Nice. Sa clientèle se compose de nobles anglais, de princes russes et d’aristocrates français. Il est invité par le prince Gagarine en Russie où il séjourne du 29 juillet 1843 au 29 septembre 1844. La passion des voyages l’a pris et ne le quittera plus.

Ses oeuvres sont présentées au Salon de 1850 à 1868. Ses peintures sont vendues par la maison Goupil et par Durand-Ruel. Bernheim devient ensuite son principal vendeur dans les années 1890. Ses clients s’arrachent ses toiles qui atteignent après 1870 des prix élevés. Installé sur la butte Montmartre dès 1853, Ziem fait également l’acquisition en 1861 d’une maison et d’un vaste terrain à Martigues où il installe un décor de mosquées et de minarets. En 1866, il achète la maison de Charles Jacques à l’entrée de Barbizon.

Le 30 mars 1901, Ziem est nommé peintre officiel de la Marine. L’Etat français lui commande un tableau commémorant la visite du président Loubet en rade de Toulon. Les crises de rhumatisme se font plus contraignantes et son intense production ralentit. En 1904 il épouse Ursule Treilles, âgée de 48 ans. Georges Petit inaugure sa nouvelle galerie avec une exposition Ziem.

Le 13 décembre 1905 a lieu l’inauguration officielle de la donation Ziem au Petit Palais. Le 8 novembre 1908 le conseil municipal de Martigues officialise la création d’un musée Ziem. Une grande exposition est inaugurée en janvier 1909 à Nice. Une salle de la 8e Biennale de Venise est consacrée à son oeuvre. Le legs Chauchard fait entrer des peintures de Ziem au Louvre en 1910. Le 10 novembre 1911 Ziem s’éteint à l’âge de 90 ans. Sa tombe au Père-Lachaise prend la forme d’un palais vénitien qui abrite un portrait de Ziem en gisant sculpté par Victor Segoffin.

ZIEM ET LE PETIT PALAIS

Préoccupé au soir de sa vie par la pérennité de son oeuvre, le peintre Ziem réunit un ensemble significatif de peintures et d’aquarelles pour en faire don au Petit Palais. Ouverte au public dès le 21 juillet 1905, comme la salle Dalou, la salle Ziem est officiellement inaugurée le 13 décembre. Fils de Georges Ziem modeste tailleur d’habits polonais, le peintre Félix Ziem reçoit alors des mains du Chef de l’Etat la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur.

La donation consentie prend un relief tout particulier, car le maître, alors âgé de 84 ans, occupe une place singulière sur la scène artistique parisienne. L’ouverture d’une salle dédiée à un artiste vivant reste un fait isolé en 1905. Ziem a été suffisamment généreux pour garnir une salle jusqu’aux corniches comme il se doit dans les présentations très denses de l’époque. Sa donation comprend 56 peintures, 74 études peintes à l’huile et 41 aquarelles, soit 171 numéros, auxquels s’ajoutent 5 carnets de dessins et un dessin à la plume. Cet ensemble accorde une place importante aux esquisses et révèle une part plus secrète du travail du peintre. Si les paysages de Venise et d’Istanbul sont, bien sûr, nombreux dans la donation, il y a au Petit Palais un Ziem plus varié.

Commissaires :

  • Isabelle COLLET, Conservateur en chef du patrimoine,
  • Charles VILLENEUVE DE JANTI, conservateur du patrimoine
  • Exposition du 14 février au 4 août 2013

CONFÉRENCES

14 février 2013
Ziem et la Méditerranée, par Gérard Fabre, Historien d’art
28 mars 2013
Ziem dessinateur, par Charles Villeneuve de Janti, conservateur du patrimoine, commissaire de l’exposition
30 mai 2013
Ziem et ses marchands, par Léa Saint-Raymond, Agrégée en sciences économiques et sociales
13 juin 2013
Ziem et Paris, par Isabelle Collet, conservateur en chef, commissaire de l’exposition

le jeudi de 18h à 19h, (à l’auditorium)
Entrée libre en fonction des places disponibles.

PETIT PALAIS
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill – 75008 Paris

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