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Exposition de Mauro Corda au Lutetia et à l’Opera Gallery

Mauro Corda

A l’occasion des festivités de cette fin d’année 2012, l’Hôtel Lutetia a tenu à donner carte blanche à l’un des sculpteurs français les plus prometteurs : Mauro Corda. Le bonheur et la joie sont les thèmes clairement affichés pour cette installation en mode démesure où, entre autres oeuvres, des contorsionnistes et des jongleurs matérialisés par la main de l’artiste seront disposés dans l’ensemble de l’hôtel – l’imaginaire du cirque s’invite rive gauche et s’installe au Lutetia à l’occasion d’une mise en scène originale et surprenante.

En parallèle, Corda exposera à l’Opera Gallery Paris, une enseigne avec qui il a déjà signé de nombreux succès à travers le monde.

Mauro Corda

Les sculptures en forme de Ballons, acquises à l’occasion de cette exposition, seront offertes par l’artiste et chaque acquéreur à l’Hôpital Necker-Enfants Malades pour décorer son hall d’accueil. En outre, les bénéfices de la vente de ces ballons seront reversés par l’artiste à l’association Safetestsforlife, association française à but non lucratif reconnue d’intérêt général, qui développe des tests capables de prédire chez l’enfant à naître la présence de maladies génétiques, sans apporter au couple le risque de perdre leur enfant. Mauro Corda reversera également l’intégralité des ventes de son ouvrage ‘Itinéraire’ à cette association.

Mauro Corda

L’amour de Mauro Corda pour la sculpture se déclare tôt et, à l’âge de 15 ans, il entre à l’École des Beaux-Arts de Reims, puis suit une formation technique à l’École des Beaux-Arts de Paris où il reçoit un Premier Prix. Il se lie alors d’une amitié tumultueuse avec l’Académicien et sculpteur Jean Cardot, connu pour ses oeuvres dans l’espace public parisien notamment.

Alors qu’il est âgé de 23 ans, Corda perd son frère aîné Salvatore dans un accident tragique. Son travail se charge alors d’une douleur qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors : têtes baissées, yeux fermés dont on semble apercevoir des larmes couler, et mains grandes ouvertes comme cherchant à s’agripper à quelque chose (quelqu’un ?).

C’est peu de temps après que Mauro Corda rencontre sa femme Alicia, alors qu’il a été accepté dans la prestigieuse Casa Velázquez de Madrid. À cette époque, son travail a développé une gravité qu’on peut aisément associer à la perte de son frère. On y découvre le poids de l’absence. Le succès de Corda, ce sculpteur au travail profond et profondément humain, intervient notamment au début des années 1990, lorsque la véracité intemporelle de son travail surpasse la mode du ready-made et de l’art prêt à consommer de l’époque.

Corda et la matière

Bien que Mauro Corda soit traditionnellement engagé auprès de la matière et des formes, il est particulièrement sensible aux problématiques liées à la couleur. En effet, non seulement fait-il preuve d’une grande complexité dans l’usage des patines, mais il complète également ses sculptures de bronze en leur appliquant des couches successives de chrome, argent, teintes et peintures. Du fait de cette sensibilité particulière à la couleur, Corda est naturellement amené à travailler d’autres matières que le bronze : l’aluminium et le fer en particulier.

Après quelque temps passé dans la ville italienne de Pietrasanta, Corda décide également de travailler le marbre et la terre cuite, ce qu’il réussit avec brio, montrant alors toute l’étendue de son talent et sa grande maîtrise des différentes techniques sculpturales.

Ce sculpteur virtuose fait preuve d’une créativité exceptionnelle, et son oeuvre est ainsi continuellement renouvelée et jamais répétitive. Son usage magistral de la matière ajoute à la découverte de chacune de ses expositions.

Corda et le corps Mauro

Corda se concentre également sur un thème qu’on retrouve dans une très grande partie de son oeuvre : dresser le portrait de l’être vivant dans les rôles, environnements et situations les plus divers. Si la série des contorsionnistes en est une illustration évidente, les empreintes de visage figées dans des coussins de résine sont un exemple criant de l’humanité de la sculpture de Corda.

Pour représenter le monde qui l’entoure, Corda sculpte une grande variété d’êtres vivants, qu’ils soient humains ou non. Ainsi peut-on citer sa série sur les animaux, représentés tantôt de façon réaliste ou dans un style totalement mythique (croisement d’animaux par exemple). Corda crée une personnalité duale, à la fois ambigument désirable mais qui ne cherche pas à séduire ni charmer.

Certaines pièces de l’artiste présentent des squelettes plus que des corps. Dans ces oeuvres dérangeantes, Corda représente le support de la vie, et cependant une figure qui nous rappelle la mort. Dans sa dernière série, l’artiste jongle une fois de plus avec les lois de la gravité en présentant des poissons lévitant dans l’eau imaginaire d’un aquarium sans paroi. Cette série très variée dans laquelle Corda a reproduit toutes sortes d’espèces aquatiques, du banc de poissons au St Pierre, contentera les passionnés de la mer. L’artiste y donne même naissance à un requin spectaculaire de quatre mètres de long.

Dans leurs aquariums d’acier, les poissons de Mauro Corda donnent l’impression d’une légèreté aérienne et la perception du spectateur se perd dans les limbes de son imagination : le poisson est-il suspendu dans l’eau ou dans les airs ?

Corda, influences et évolution

Par sa technique et le mouvement qu’il sait insuffler à ses oeuvres, Mauro Corda s’inscrit dans la lignée des plus grands sculpteurs. Tout en succédant à ses maîtres auxquels il rend hommage par une parfaite maîtrise de la technique, il insuffle une modernité nécessaire dans le mouvement sculptural contemporain.

Année après année, Mauro Corda a perfectionné sa maîtrise de la technique. Ses sculptures se font désormais de plus en plus grandes, donnant plus de place aux sentiments et à l’émotion du spectateur. Dans ce contexte, la perfection n’est pas une option. La pureté des formes devient le moyen de communiquer l’émotion de l’artiste et les courbes de ses sculptures composent la mélodie du volume des corps.

  • Du 5 décembre 2012 à mi-janvier 2013 à l’Hôtel Lutetia
  • Du 7 décembre 2012 au 3 janvier 2013 à l’Opera Gallery Paris
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