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Exposition collective Tohue Bohue à la Galerie Collection

Chantal Saccomanno et Olivier Dayot, Mobilier sculpture, 2008-2010, pièces uniques © Saccomanno et Dayot

Du noir, du blanc, des volumes asymétriques, une écriture automatique… Cette exposition collective associe le mobilier « Tatoué » de Chantal Saccomanno et d’Olivier Dayot aux « Pierres » tatouées d’Alexandra Tollet. Les céramiques de la série des « Tatoués » de Patricia Vieljeux et de Jean-Marc Fondimare ainsi qu’une vidéo des performances de l’artiste péruvienne Kukuli Velarde viendront compléter cet ensemble.

Installés à Marseille, Chantal Saccomanno et Olivier Dayot produisent, ensemble, du mobilier d’art depuis 1992. Chantal Saccomanno est issue du monde de la danse. Olivier Dayot cumule les compétences techniques en matière de mécanique, de charpente et de menuiserie. Dès le début, leurs créations ont été présentées à Paris chez Mougin et Néotu et plus récemment dans des galeries étrangères en Suisse, en Allemagne ou aux états-Unis. Il sont également présents dans les collections publiques nationales et ont répondu à de nombreuses commandes privées (Hôtel Riad Enija au Maroc, Vieux Manoir Au Lac en Suisse…).

Chantal Saccomanno imagine la forme : « nos meubles sont un prolongement de la danse. Je tourne et retourne le volume dans tous les sens, je manipule la pièce, je forme un duo avec l’objet ». Ainsi que l’a déjà souligné Geneviève Boteilla, Chantal Saccomanno possède cette capacité, inhérente à la danse, de « lâcher prise » et de se « laisser envahir » par le rythme enfiévré du dessin automatique qui hante et monte en puissance. Olivier Dayot réalise ensuite cette forme en bois massif, en chêne ou en érable : « aux techniques des menuisiers-ébénistes, je préfère celles, plus fines des luthiers et des premiers constructeurs d’avions. J’utilise leurs procédés de collage et de cintrage. »

Au terme de cette construction, vient le « temps suspendu » du dessin, un temps appliqué et goulu, qui dure, sans répit, 8, 10 ou 12 heures. Le plus souvent noirs sur fond blanc, leurs meubles « Tatoués », surgissent d’un chaos d’inspiration : monde végétal, dentelle, imaginaire africain, scandinave, mozarabe ou orthodoxe…

La forme de leur mobilier d’art se caractérise par son sens du mouvement : déséquilibre, asymétrie, souplesse des lignes, arabesques, présence manifeste du vide articulent physiquement ce mobilier dans l’espace. Ce sont des meubles en vie, distribués dans l’espace et mis en scène dans la galerie à la façon d’un spectacle.

Alexandra Tollet est céramiste. Née en 1984 à Paris, diplômée de l’école supérieure des métiers d’art d’Arras en 2007, Alexandra Tollet expose ses pièces en céramique depuis 2008. Elle pratique parallèlement la photographie et le dessin. Elle a récemment exposé au château de Saint Amand-en-Puisaye (Nièvre) en 2009 et 2010, à l’Espace Faïence de Malicorne (Sarthe), et dans différents Festivals de céramique (Paris XIe, Arthous…).

Alexandra Tollet présentera exclusivement ses « Pierres » modelées. En 2008, elle esquisse un virage vers le noir qu’elle n’appréciait ni n’utilisait avant. Trouvant les couleurs trop bavardes, le noir lui permet de focaliser l’énergie sur le motif. Elle ne cherche pas à narrer une histoire. Les formes, multiples, nombreuses, enchevêtrées, lyriques, se juxtaposent à la manière d’une écriture automatique, d’un tatouage. Le contour des formes dessinées doit être rapide, comme l’est le montage par plaques du grès blanc porcelainique. Cette rapidité constitue une étape nécessaire avant le long travail de « graffito » (grattage de l’engobe) permettant d’étendre la forme entre deux contours. Les traits évoquent la courbe et les formes féminines. Dominique Ingres demeure son peintre affectionné et celui qui continue de l’inspirer, mais on pense fatalement aussi aux graphismes vénéneux de la fin du XIXe siècle, à la Salomé d’Aubrey Beardsley, à une épaule détachée, pareille à une île incendiée, entre flots et cendres. Aucun sens de lecture, une sorte de confusion abstraite d’où émergent petit à petit des éléments de figuration. Contrairement aux pièces tournées, les pierres permettent à Alexandra Tollet de jouer avec l’espace et les ombres, de mieux entrer dans la masse au profit de dessins lisibles tactilement. Ses pierres invitent les mains à s’y poser.

Patricia Vieljeux et Jean-Marc Fondimare sont céramistes. Jean-Marc Fondimare a abordé la céramique en 2008. Il en a appris les techniques auprès de Patricia Vieljeux qui pratique le grès depuis 1992 et la porcelaine depuis peu. En 2010, et parallèlement à leurs réalisations respectives, ils décident de produire une série de « Tatoués », composée de têtes et de corps. Seront ainsi exposées 25 têtes en porcelaine blanche, tatouées selon la technique dite de « Mishima », qui consiste à inciser le motif ornemental dans la terre crue puis d’en remplir la plaie d’une engobe de couleur contrastée, noire, en l’occurrence.

Kukuli Velarde est une artiste péruvienne installée aux états-Unis. Mixant les cultures, son oeuvre est nourrie par une mythologie revisitée et un imaginaire habité de figures féminines, hybrides et morcelées, de chevaux ailés et d’yeux aux longs cils, immenses et scrutateurs. Dans les vidéos présentées de ses performances à la galerie Barry Friedman en 2010, l’artiste dessine à-même le mur au feutre noir. A la manière de Chantal Saccomanno, son dessin file sans repos ni repentir, jusqu’à envahir le mur dans ses moindres recoins. Les vidéos de Kukuli Velarde sont présentées avec l’aimable concours de la galerie Barry Friedman qui représente l’artiste à New York.

  • Exposition jusqu’au 7 septembre
  • Galerie Collection – 4 rue de Thorigny – 75003 Paris
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Rédigé par : admin

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