Errances… Une exposition de Salah Chouli

Salah Chouli
Photo de Salah Chouli

Pour célébrer la Fête de la Musique dans l’esprit des correspondances entre les arts et les sens, le photographe Salah Chouli, qui expose actuellement à la Galerie Hayasaki, au Village Saint-Paul à Paris, et le jeune musicien compositeur Hector Cornilleau, ont croisé leurs perspectives et leurs inspirations.

Le concert qui se déroulera le 21 juin, à 19 heures à la galerie Hayasaki, est né de leurs échanges sur l’errance, thème de l’exposition de Salah Chouli : Hector Cornilleau y interprétera, au piano, Satie, Chopin, Kreisler, Schumann. Il proposera aussi une improvisation sur La lectrice, l’une des œuvres exposées, et une composition sur L’attente. Il sera accompagné de la violoniste Laëtitia Richardoz.

Salah Chouli

De New York à Samarcande, en passant par Moscou, Salah Chouli parcourt le monde au gré de longues marches citadines, sans but ni direction. Avec la complicité du hasard, il saisit situations et détails insolites et provoque les rencontres qu’il nous fait partager.

Dans cette quête affranchie du temps, le photographe aime à se laisser prendre par le rythme et la sensibilité de chaque ville, il aime à se laisser surprendre et à nous surprendre par son regard. Un regard curieux et bienveillant, comme le souligne la photographe Martine Peccoux, qui connaît bien le parcours de cet infatigable voyageur: « Salah a un but, qui lui est personnel, celui de capter avec humour et tendresse la dualité ».

Nées de son errance, les photographies de Salah Chouli sont livrées brutes, car l’artiste s’est fixé pour but de ne jamais retoucher ses clichés. Elles révèlent, dans l’instant, la beauté singulière des gens et des lieux, elles invitent à ouvrir les yeux, à découvrir ou à redécouvrir le monde avec une curiosité joyeuse et contagieuse. Une vivifiante invitation au voyage et aux rencontres qui persiste, au-delà de la visite, comme un sourire songeur.

Né en Algérie en 1967, arrivé en France en 1972, Salah Chouli revient sur son parcours en quelques mots.

« Je suis venu à la photographie par la littérature. Enfant, les livres me donnaient à rêver, me faisaient voyager à travers leurs représentations du monde.

J’ai toujours pensé que les écrivains étaient de fins observateurs de la réalité. Leurs descriptions de lieux lointains, de scènes ordinaires ou plus insolites, offraient à mon imaginaire de gosse de banlieue un monde plus vaste que celui dans lequel j’évoluais. Ma perspective était bornée par des immeubles, mon champ de vision était restreint. Les auteurs des livres que j’avais entre les mains venaient à mon secours pour me proposer d’autres horizons dont je me faisais une représentation très imagée, très photographique en quelque sorte.

Plus tard j’ai découvert que la photographie avait cette même force de transport, cette même force évocatrice et révélatrice. J’ai compris que le photographe, tout comme l’écrivain, avait, de par son observation du monde proche ou lointain, cette capacité à livrer à mon regard, puis à mon imaginaire, des scènes de la vie. Imaginer et donner à voir. Voir et donner à voir. Voilà que l’écrivain et le photographe faisaient naître en moi cette envie, ce désir d’observer à mon tour, de voyager à mon tour et enfin de photographier à mon tour… »

  • Exposition du du 5 au 23 juin 2013

 Galerie Hayasaki
12-14 rue des jardins St-Paul, 75004 Paris

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