Enki Bilal : Mécanhumanimal !!!!!!!!!!!

Enki Bilal
Enki Bilal

Enki Bilal est né en Yougoslavie, et arrive à Paris au début des années 1960. Il publie sa première histoire en 1972, Le Bol maudit, dans le journal Pilote. Son premier album, La Croisière des Oubliés, sur un scénario de Pierre Christin, paraît en 1975 aux Humanoïdes Associés. Avec le même scénariste, il signera entre autres Les Phalanges de l’Ordre Noir (1979) et Partie de chasse (1983) chez Dargaud. C’est en 1980 que débute dans Pilote la trilogie Nikopol, qui lui apportera la reconnaissance du public et des critiques. En 1987, il reçoit le grand prix du Festival d’Angoulême. En 1998, la parution du Sommeil du Monstre ouvre un nouveau cycle ; Trente-deux décembre (2003), Rendez-vous à Paris (2006) et Quatre ? (2007) suivront. Enki Bilal s’intéresse aussi au cinéma, et a réalisé en 1989 son premier long métrage, Bunker Palace Hôtel, qui témoigne, avec Tykho Moon en 1997 et Immortel en 2004 (libre adaptation de l’album La Foire aux Immortels), de sa passion pour le 7e art. Un nouveau cycle de bandes dessinées est lancé en 2009 avec Animal’z, suivi par Julia & Roem en 2011, parus chez Casterman. Enki Bilal prend aujourd’hui part à de nombreux projets d’art contemporain : les expositions récentes Les Fantômes du Louvre, et aujourd’hui Mécanhumanimal, au Musée des arts et métiers, consacrent l’oeuvre de cet artiste majeur.

Mécanhumanimal

Le Musée des arts et métiers présente, en collaboration avec 9eArt+, organisateur du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, du 4 juin 2013 au 5 janvier 2014, une exposition exceptionnelle associant l’oeuvre d’Enki Bilal au patrimoine scientifique et technique du Musée des arts et métiers.

Mécanhumanimal propose la rencontre d’un créateur multimédia et visionnaire avec un lieu exceptionnel et une collection scientifique unique au monde. Un dialogue aussi inattendu qu’évident. Inattendu dans sa forme, une exposition-installation, un parcours au coeur de l’esthétique familière et fascinante d’Enki Bilal, et de son univers porté par des visions fantasmées et prophétiques. Évident sur le fond, l’oeuvre d’Enki Bilal et les collections du musée – chambre d’écho de l’innovation industrielle et technologique, du progrès scientifique, du bien commun – entrent en résonnance, font émerger un singulier dialogue. Naissance de Mécanhumanimal.

Les images d’Enki Bilal sont immédiatement reconnaissables, évoluant du noir et blanc à la couleur, de l’encre de Chine et des hachures à l’acrylique et aux pastels, de la bande dessinée au cinéma et à l’art contemporain. Elles nourrissent l’imaginaire de centaines de milliers de lecteurs et de spectateurs. Poète de l’image, Enki Bilal ne peut se satisfaire d’un matérialisme qu’il ne cesse de réinterpréter selon ses vues. A ce titre, il ne se considère pas comme un auteur réaliste.

« Deux choses m’ennuient : la reproduction du réel et les changements du réel, je ne veux ni être dans le calque, ni dans le train qui suivrait l’actualité. Je suis de plain-pied dans le réel, mais un réel qui aurait été brouillé, relu, vicié par une mémoire devenue déficiente. »

L’installation permet de revisiter une oeuvre qui court des années 1970 à aujourd’hui, à travers les thèmes que l’artiste place au centre de ses préoccupations : Passions humaines, Animaux, monstres et hybrides, Rêves de machines, Conflits et Planète. Toute la diversité de ces travaux s’y trouve : une centaine de planches originales, de dessins et de toiles sont présentés, ainsi qu’une sélection d’objets, étonnants et rarement exposés, sélectionnés par Enki Bilal et issus des collections du Musée des arts et métiers.

Mécanhumanimal est aussi une exploration. Quels liens entre l’homme, l’animal et la machine ? Fruit de cette exploration : cinq toiles inédites, mais aussi les réflexions de chercheurs, d’intellectuels et d’artistes invités par Enki Bilal à livrer leur vision de ce qu’évoque pour eux cet énigmatique Mécanhumanimal. Ces contributions exceptionnelles sont réunies dans le livre Mécanhumanimal, publié par Casterman en mai 2013.

Dassault Systèmes vient enrichir cette exposition avec un dispositif muséographique interactif et innovant, qui donne à voir et à comprendre un objet phare d’Enki Bilal : le script-walker, en 3D relief sans lunettes. D’autre part, Alain Mikli International a développé en images tactiles quatre oeuvres de l’artiste. Ces outils interactifs proposent aux visiteurs d’aller encore plus loin dans l’expérience Mécanhumanimal. Autant de clés de lecture et d’approches qui éclairent aussi bien l’oeuvre que l’intervention inédite d’Enki Bilal dans le cadre prestigieux du Musée des arts et métiers.

L’exposition s’organise autour de cinq parties thématiquesPassions humaines, Animaux, monstres et hybrides, Rêves de machines, Conflits et Planète : cinq thèmes chers à Enki Bilal, que l’on retrouve mêlés dans ses différents travaux. Le parcours présente ainsi une centaine d’oeuvres originales, dont cinq toiles inédites, ainsi qu’une vingtaine d’objets choisis par l’artiste au sein des réserves du musée.

3 questions à Enki Bilal…

Quel regard portez-vous sur le Musée des arts et métiers ?
Ce lieu m’apparaît comme le musée de la folie humaine, où l’humain se révèle dans tous ses états. Je le dis avec tendresse car on y découvre une belle folie, un ensemble d’inventions qui nous permettent cette traversée hallucinante de nombreuses époques. Au fond, ce sont ces objets qui nous ont amenés là où nous sommes, car notre monde a été façonné par les inventeurs, par les chercheurs… Les visites successives pour préparer l’exposition m’ont permis de connaître le musée mieux encore, et de l’aimer, car il est à la fois attachant et profond, et il raconte tellement d’histoires !

Comment s’est déroulé le choix des oeuvres et des objets, ainsi que celui des contributeurs de l’exposition ?
Pour les contributeurs, je souhaitais faire appel à des chercheurs du Cnam mais aussi à des écrivains, à des artistes, pour que le scientifique puisse côtoyer l’imaginaire, qui est plus mon domaine. Je suis ravi du résultat, ce dialogue inattendu entre des personnes d’horizons différents, et je les remercie de s’être prêtées à l’exercice. Quant au choix des objets présentés dans l’exposition, il s’inscrit dans une démarche assez ludique, et s’est fait par tâtonnements, au gré des visites dans les réserves du Musée des arts et métiers. Beaucoup de ces objets nous paraissent inexplicables, d’ailleurs je sais que de nombreux spécialistes n’arrivent plus à déterminer aujourd’hui l’usage de certains d’entre eux. J’ai choisi des objets qui m’attiraient par leur esthétique ou par leur fonction, et certains ont à voir avec mon univers, ou bien se trouvent réinterprétés, comme par exemple le turboréacteur ATAR qui devient la capsule de Nikopol.

D’où vous est venue l’idée du titre de l’exposition, Mécanhumanimal ?
J’aime beaucoup jouer avec les mots, et j’attache une certaine importance à la recherche du titre de mes livres, cela me paraît nécessaire d’avoir en tête un titre avant de me lancer dans la création. Le nom « Mécanhumanimal » m’est venu à la suite d’une discussion avec les gens du musée. Il me semblait bien définir ce lieu, car il paraît évident que le musée est un ensemble de rencontres par la mécanique autour de l’inventivité humaine, et que l’Homme n’est jamais loin de l’animal qu’il a été. La mécanique, les machines qui y sont présentées ont beaucoup emprunté au physique, à la morphologie de l’humain et de l’animal. Ce titre m’est donc apparu comme une évidence !

Musée des arts et métiers, 60 rue Réaumur – 75003 Paris – enkibilal.arts-et-metiers.net



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