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El Seed, calligraffiteur aux influences culturelles multiples

eL Seed - calligraffiteur

El Seed dessine et modèle des calligraffitis dont les courbes sont autant de messages de paix que d’appels à l’union des peuples, des cultures et des générations.

Beaucoup d’artistes rêvent d’avoir un aussi joli surnom…. « EL Seed » tient le sien d’une triple origine : du Cid de Corneille, texte qu’il étudiait à l’âge de seize ans en même temps qu’il tagguait son nom sur les murs en s’intéressant plutôt au hip-hop, de l’arabe el Seed qui signifie « l’Homme », et de l’anglais qui se traduit par « la graine ». Né à Paris de parents tunisiens, l’artiste urbain découvre la calligraphie arabe quelques années après ses débuts dans le street art, une manière pour lui de retrouver ses racines, sa véritable identité, alors qu’il se sent rejeté par les français.

Une nouvelle identité émerge en lui, dans laquelle il puise une inspiration créatrice très forte. Tout en s’avouant influencé par Hassan Massoudy et Nja Mahdaoui, il fait du mélange de la calligraphie arabe et du graffiti sa spécialité, passant du statut de grapheur à celui de calligraffiteur ! Comme il l’explique d’ailleurs : l’écriture arabe contient quelque chose qui « parle à l’âme, même si on ne parle pas cette langue. Une poésie dans sa forme même. Mes principales sources d’inspiration sont la scène graffiti parisienne et la calligraphie traditionnelle arabe. Ce qui a inspiré mon approche artistique sont les 7 poèmes suspendus qui sont l’archétype de la tradition proverbiale arabe ».

Si la calligraphie a été une révélation pour El Seed, elle lui a permis d’embrasser une carrière artistique sans offenser sa religion, l’islam proscrivant toute représentation d’images et du vivant. Saupoudrant de hip hop et de son talent les textes sacrés ainsi que des phrases d’auteurs qui ne sont pas forcément arabes ni musulmans., les écritures se sont faites arabesques et courbes aussi illisibles qu’harmonieuses !

L’artiste se mit à voyager de par le monde, de Paris à New York, des Favelas de Rio de Janeiro aux bidonvilles du Cap, sans oublier Gabès, Doha, Le Caire…attiré par les lieux déshérités. Partout, espaces publics, galeries et institutions servent de supports à ses œuvres qui sont empreintes des réalités de l’humanité, dénonçant son extrémisme et sa violence, et qui sont des messages de paix, de tolérance et de respect.

Ainsi, en septembre 2012, El Seed peint sur une face du minaret de la mosquée principale de Gabès un graffiti reprenant un verset du Coran sur l’enseignement de la tolérance, le climat politique, économique et social tunisien étant à cette époque des plus instables ; il choisit ainsi le verset 13 du chapitre 49 du Coran « Oh vous êtres humains, nous vous avons créés hommes et femmes, peuple et tribus pour que vous vous connaissiez chacun ». Le pont des arts à Paris, les murs de quatre tunnels de 200 mètres de long à Doha, El Seed multiplie ses œuvres de par le monde, tantôt noires tantôt colorées, mais toutes reconnaissables à sa patte unique.

En 2016, El Seed réalise un tour de force en recouvrant plus de 50 immeubles du quartier des chiffonniers de Manshiat Nasser au Caire où vit et travaille la communauté copte appelé « Zabbaleen » qui veut dire poubelle, d’une oeuvre anamorphique exceptionnelle devant être admirée de la colline d’en face si on veut la voir dans son intégralité. L’artiste a voulu mettre en lumière cette communauté qui vit du recyclage des poubelles en utilisant les mots de Saint Athanase d’Alexandrie, un évêque copte du IIIe siècle, qui a dit : « toute personne qui veut voir la lumière du soleil doit s’essuyer les yeux en premier » …s’il souhaite accéder à une pureté, même approximative, de ce qu’il observe. Un bien beau message humaniste et universel qui conteste le niveau de jugement que la société porte inconsciemment sur une communauté, en occultant leurs richesses et leurs différences. Talentueux et tolérant, El Seed dessine et modèle des calligraffitis dont les courbes sont autant de messages de paix que d’appels à l’union des peuples, des cultures et des générations.

Le site de El Seed : cliquez-ici

Photo : El Seed

El Seed : Le calligraffiteur aux influences culturelles multiples

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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