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Edgar Sarin : Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble

Edgar Sarin

Edgar Sarin : « Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble « , une expérience sensible et inédite, structurée autour de seize interventions dans l’espace d’exposition du Collège des Bernardins.

Espace de liberté à vocation universelle, les différentes programmations du Collège des Bernardins sont conçues pour susciter auprès des visiteurs espoirs et questions afin de construire un avenir respectueux pour l’homme à la lumière de la foi et de la raison. Le commissaire d’exposition Gaël Charbau y invite des créateurs, en début ou milieu de carrière, à concevoir des oeuvres en osmose avec ce lieu et qui soient source d’échange fructueux entre les artistes de notre temps sur les questions qui traversent notre époque.

Jeune ingénieur, Edgar Sarin a attendu d’être diplômé pour assumer entièrement son pouvoir créatif. Auteur d’images, il aime les soustraire de la vue des spectateurs, créant volontairement un manque chez celui-ci, afin de l’obliger à opérer un mouvement de spéculation mentale et de rationalisation de l’inconnu. Edgar Sarin orchestre ses expositions afin que le public, tel un archéologue, découvre un joyau ancien.

Suivant cette politique artistique, en septembre 2014, il lance l’Antichambre de la Substance Rayonnante, parution contemporaine sur papier journal qu’il dirigera jusqu’en 2016. En octobre 2015, Edgar Sarin présente la première exposition de sa société de réflexion par l’exposition Cercle de La Horla, Des Absents, expérimentation collective regroupant les oeuvres de neufs artistes dont Gaspard Maîtrepierre, Pierre Huygue et le jeune dissident Ryan H. Il est le lauréat de la Bourse Emerige 2016 et pré¬pare ses premières expositions personnelles dans deux galeries à rayonnement international, Konrad Fischer Galerie, Berlin et Michel Rein, Paris.

Au sein du Collège des Bernardins, l’artiste nous propose « Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble », une expérience sensible et inédite, structurée autour de seize interventions dans l’espace d’exposition, celle-ci y étant déployée pendant seize semaines à partir du 31 mars prochain. Un « espace essentiel », composé de sculptures envahira l’ancienne sacristie et Edgar Sarin reviendra chaque semaine, même jour, même heure, s’y enfermer avec un échantillon de population qu’il aura sélectionné, afin de jouer à huis clos ce qu’il nomme les minuits : des chorégraphies ritualisées liant des êtres, des sculptures et de la musique.

Ces minuits auront lieu portes closes, isolées des spectateurs, ces derniers pouvant ainsi imaginer, vivre, s’approprier et prolonger dans leur imagination l’œuvre d’Edgar Sarin. Dans ce but, certains paramètres de sa création resteront inaccessibles afin de favoriser un mouvement de spéculation — d’appropriation — susceptible de compléter intimement l’oeuvre.

Questions à Edgar Sarin :

« Il n’y a pas d’artiste, il n’y a que des hommes… »

Gaël Charbau : Le projet d’exposition que vous proposez au Collège des Bernardins est particulier, puisque vous sollicitez l’imagination des spectateurs afin qu’ils complètent, reconstituent et mettent en relation les objets, traces et indices que vous reconfigurez chaque semaine dans la sacristie… Pourquoi choisir un tel dispositif spatial et temporel ?

Edgar Sarin : Je crois n’avoir fait qu’écouter ce que ce lieu avait à dire, l’enceinte parle d’elle-même (ndlr : elle était la sacristie d’une église, aujourd’hui disparue, jouxtant le Collège des Bernardins) — un lieu de coulisses et d’initiés, où les prêtres se préparent pour célébrer les cérémonies liturgiques et où sont entreposés les objets qui servent à l’office.
Par ailleurs, dans une institution telle que le Collège des Bernardins, il m’était primordial de concevoir une ossature absorbant l’aléatoire et se renouvelant au fil des semaines ; un espace de réflexion donc, plutôt qu’un espace de contemplation.

GC : Vous n’avez pas une formation classique dans le champ de l’art contemporain, puisque vous êtes diplômé d’une école d’ingénieur… Est-ce que ce parcours vous amène à penser différemment votre rôle d’artiste aujourd’hui ?

ES : Je crois qu’il n’y a pas d’artiste et qu’il n’y a que des hommes. Je m’efforce, alors, de comprendre ce qu’être un homme signifie et catalyse cette effervescence sous un système de contrainte de prime apparence harmonieuse et non scientifique. Cela m’apparaît cependant telle une démarche vitale et naturelle : celle d’un homme candide recherchant la solution d’un problème qu’il ne comprend pas lui-même.

GC : Les titres que vous choisissez, et plus généralement le langage en lui-même jouent un rôle important dans votre oeuvre. Est-ce à nouveau une façon d’impliquer l’imaginaire des spectateurs en faisant avant tout surgir des images par les mots avant de nous inviter à découvrir vos pièces ?

ES : Chacune de mes entreprises est ce que j’appelle « un corps » et fonctionne comme tel : le travail plastique est présenté dans l’environnement qui l’a fait naître — d’où la notion de « destinataire » qui va, quelque part, plus loin que le spectateur seul. Chaque travail est donc une unité de sens, de lieu et de temps ; cela comprend naturellement une littérature, qui ne peut être prise hors du corps. Dans cette opération, les procédures sont par ailleurs appelées des minuits, et se feront à l’ombre du spectateur ; et puisque notre langue est toujours plus belle au singulier cela se traduit par : Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble.

Teaser Expo Edgar Sarin

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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