Ed Kashi nous interpelle sur les Contrôles au faciès

Contrôles au faciès

Ed Kashi est Américain de par sa nationalité, et international de par son métier de photojournaliste. Connu pour couvrir les enjeux sociopolitiques, il est partout ; c’est un globe trotter à l’origine des plus belles couvertures, celle de la communauté protestante en Irlande du Nord, la vie des colons juifs en Cisjordanie, la querelle entre les chiites et les sunnites en Irak ou bien encore le sort des kurdes et l’impact de l’industrie pétrolière sur les pauvres du delta du Niger.

Mais Ed Kashi, c’est aussi « Talking Eyes Média », la société multimédia à but non lucratif qu’il a fondé avec son épouse Julie Winokur dans le but de fournir des sujets d’actualité destinés au grand public tel le vieillissement en Amérique, et dont certains ont fait l’objet de livres récompensés par de nombreux prix. Depuis le début des années 90, Kashi a travaillé en étroite collaboration avec entre autre la National Geographic Society, Le New York Times Magazine, la Fondation Ford , la Fondation Robert Wood Johnson, GEO ou bien encore Newsweek. Ses travaux photographiques sont des témoignages socio-politiques de notre société,et révèlent toute la complicité que ce photojournaliste entretient avec ses sujets.

Nous l’avons retrouvé au cœur de Paris, du 6 juin au 12 juillet 2015, place de la République, où son exposition ÉGALITÉ TRAHIE , veut réveiller la conscience citoyenne par l’intermédiaire de portraits, de témoignages, de photos et de textes qui évoquent la dure réalité quotidienne des contrôles au faciès, devenus un véritable problème sociétal qui se banalise de plus en plus, menaçant les citoyens suspects par leur simple apparence et dont les contrôles, pour des raisons de sécurité et d’ordre public, sont souvent synonymes d’humiliation et de peur.

Ces actes existent et se perpétuent depuis bien longtemps, trop longtemps, et sont malheureusement loin de disparaître, comme l’a d’ailleurs très justement souligné l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 25 juin dernier, celle-ci ayant condamné l’Etat pour faute lourde, qualifiant cette faute de violation flagrante des droits de la personne. Après n’avoir obtenu aucune réponse du tribunal, les 5 plaignants ont obtenu finalement gain de cause. Contrôlés par la police en raison de leurs apparences physiques et de leur appartenance supposée à une certaine race ou ethnie, ces personnes ont réussi à prouver que le contrôle d’identité au faciès existait bel et bien dans notre beau pays de France !

Éd Kashi connaît particulièrement bien la problématique de ces contrôles qui stigmatisent des millions d’être humains de par le monde, dénonçant par ailleurs les effets collatéraux qui en découlent. Le racisme et le communautarisme sont les principaux maux qui découlent de ces actions de police, pourtant interdites par la loi. Ces maux qui, en France comme aux États Unis, opposent de façon détonante et récurrente le policier généralement blanc et les populations de couleurs.

Bien que beaucoup de monde réprouve ces agissements, ceux-ci perdurent et continuent chaque jour de miner notre société. Certes, être policier ou contrôleur n’est certainement pas chose facile, mais cela ne confère pas à ces personnes le droit de procéder à des interpellations aussi injustifiées qu’injustifiables. Le droit est et doit être le même pour tout le monde.

C’est dans cette intention que l’Open Sociéty Fondation œuvre, afin d’améliorer la représentativité des démocraties et notamment la formation des policiers qui doivent assurer la protection des citoyens en faisant preuve de compréhension afin que leurs relations deviennent plus intelligentes, plus rationnelles et moins identitaires.

Emblématique, cette exposition a lieu sur une place publique et pas n’importe quelle place puisqu’il s’agit de celle de la République où le 11 janvier dernier près de deux millions de français faisaient fi des inégalités raciales, pourtant omniprésentes, en défilant sur les grands thèmes de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité.

Les portraits d’Ed Kashi, tirés en grands formats (1,20 m x 1,50 m), ont pour but d’interpeller les passants afin de faire évoluer dans le futur leurs réactions face aux autres, le photographe étant persuadé que l’image fixe a le pouvoir d’influencer les gens et possède également un impact positif sur le monde. En capturant avec une grande sensibilité l’âme de chacun, Ed Kashi nous prouve une nouvelle fois qu’il est un des piliers, aussi unique qu’incontournable du photojournalisme mondial et de la narration visuelle.

artsixMic est allé à la rencontre de cet homme, de ce photographe, qui,  depuis des années a mis au service du monde son talent et son charisme, afin de dénoncer  les dérives affligeantes que génèrent nos sociétés.

Rencontre / Interview avec Ed Kashi

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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