• Participez au sixMic Crowfunding !

Daido Moriyama et Fernell Franco en février à la Fondation Cartier

Daido Moriyama

Plus de dix ans après avoir organisé sa première grande exposition en France, c’est à nouveau la Fondation Cartier pour l’art contemporain qui accueille Daido Moriyama, figure centrale de la photographie japonaise.

A travers un vaste ensemble de photographies couleur, c’est tout le travail récent de l’artiste que Daido Tokyo met à l’honneur, levant le voile par la même occasion sur un aspect méconnu et pourtant omniprésent dans son travail photographique depuis deux décennies. A l’occasion de cette exposition, la Fondation Cartier a commandé au photographe une œuvre nouvelle : un diaporama inédit, réalisé avec des photographies noir et blanc et projeté sur plusieurs écrans, qui illustre à l’instar de ses photographies couleur, le flux constant de la vie urbaine, captant des fragments de ce bourdonnement imperturbable. Daido Moriyama appartient à cette génération de photographes qui a contribué à l’invention d’un langage visuel nouveau, voulant saisir les mutations de la société nippone qui, dans les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale, a oscillé entre tradition et modernité.

Après des études de graphisme à Osaka, Daido Moriyama décide de se consacrer à la photographie et rejoint Tokyo en 1961. Il est profondément influencé par les photographes d’avant-garde de l’agence Vivo, notamment par Shomei Tomatsu et sa fascination pour la rue et Eikoh Hosoe dont le goût de la théâtralisation et de l’érotisme l’attire. À la même période il découvre William Klein, Robert Frank et s’imprègne de la grande liberté photographique qui les caractérise ; c’est notamment d’eux qu’il tient sa manière de capturer ses sujets en mouvement, se servant de l’appareil photo comme d’un véritable prolongement du corps. On retrouve la combinaison de ces différentes influences à partir de 1964 dans ses débuts, en tant que photographe indépendant puis dans les projets qu’il réalise pour Provoke – revue qu’il rejoint en 1968. Ses images d’avant-garde, transgressives et pulsionnelles reflètent la contestation et la prise de conscience japonaise.

Sa première monographie Japan: a Photo Theater (1968) puis son livre d’artiste Farewell Photography (1972) lui valent une notoriété internationale immédiate et ses photographies en noir et blanc, ses cadrages chancelants et ses textures, connaissent dès lors un grand retentissement dans le milieu artistique tant au Japon que dans le reste du monde. Daido Moriyama est fasciné par la population de Tokyo, l’étrange, l’inhabituel et l’extraordinaire du flux urbain. Il la photographie notamment dans son quartier de Shinjuku où il vit. Au fil de l’exposition, on découvre ainsi des panneaux publicitaires défraîchis, des vitrines miroitantes, des tuyaux aux formes insolites, ou encore des profils de tokyoïtes saisis sur le vif.

La classe des photographies de Daido Moriyama, leur grande force expressive et leur esthétisme sont le fait que l’artiste utilise un appareil photo compact qu’il brandit au fil de ses balades ; tel un véritable chasseur d’images, il ne prend nullement le temps de cadrer avec soin ses clichés, faisant fi des règles académiques, mais bien au contraire déclenche spontanément sans regarder dans son viseur, se servant de son corps et de ses humeurs pour capter la réalité qui l’entoure. Daido Moriyama à partir des années 70, s’est pris de passion pour la photographie couleur, et depuis le début des années 2000, il prend presque uniquement des photographies en couleur avant de les convertir en noir et blanc.

Entre 2008 et 2015, sur les milliers d’images numériques qu’il a réalisées, il n’en a conservé que certaines en couleur ; un grand nombre de ces clichés est aujourd’hui présenté à la Fondation Cartier comme des témoignages de la longue exploration de la photographie couleur qu’a fait l’artiste au cours des deux dernières décennies.

Les photographies couleur et noir et blanc de Daido Moriyama ne s’opposent pas mais forment un tout : « Le noir et blanc exprime mon monde intérieur, les émotions et les sensations que j’ai quotidiennement quand je marche sans but dans les rues de Tokyo ou d’autres villes. La couleur exprime ce que je rencontre, sans aucun filtre, et j’aime saisir cet instant pour ce qu’il représente pour moi. Les premières sont riches en contraste, dures, et reflètent pleinement ma nature solitaire. Les secondes sont polies, sages, comme je me présente au monde. »

Ces photographies reflètent la vision du monde de Daido Moriyama, où se mêlent l’intime et le réel. Pendant près de neuf mois (de juillet 2014 à mars 2015), il a pris des clichés dans toutes les villes qu’il a visitées, Tokyo, Hong Kong, Taipei, Arles, Houston et Los Angeles. Conçue comme un puzzle qui se parfait et s’enrichit sans cesse, cette série forme une carte photographique du monde reflétant les relations complexes des individus avec leur environnement urbain.

Le 5 février 2016, la Fondation Cartier organise un Printing Show, une performance éphémère et participative où chacun sélectionne 30 images parmi les 60 proposées par Daido Moriyama et en définit l’ordre, afin de créer son propre exemplaire du livre intitulé « À la carte ». Les livres seront imprimés et reliés sur place, en temps réel, puis signés par l’artiste. (Achetez vos billets en ligne sur fondation.cartier.com rubrique Billetterie)

Le catalogue de l’exposition

Le catalogue réunit l’ensemble des photographies présentées, offrant une occasion unique de découvrir le travail récent de Daido Moriyama. Un texte de l’artiste invite également à mesurer sa passion pour Shinjuku, quartier underground de la ville de Tokyo dans lequel il aime déambuler.

Commissaires de l’exposition : Hervé Chandès et Alexis Fabry

Informations pratiques

Daido Moriyama, Tokyo Color, 2008-2015 - Courtesy of the artist / Daido Moriyama Photo Foundation

Daido Moriyama, Tokyo Color, 2008-2015

Fernell Franco

Photojournaliste de profession, Fernell Franco réalise en parallèle un travail personnel expressif dédié à la précarité et aux contrastes urbains de Cali, ville où il a vécu et travaillé presque toute sa vie. L’exposition réunit plus de 140 photographies issues de 10 séries différentes réalisées entre 1970 et 1996, et met en lumière l’importance du travail de Fernell Franco au sein de la riche scène artistique de Cali qui émerge au début des années 1970. En hommage à Fernell Franco, l’artiste colombien Oscar Muñoz réalise une nouvelle œuvre spécialement pour l’exposition.

Commissaires de l’exposition : Alexis Fabry et María Wills Londoño

Fernell Franco Série Interiores - Collection privée, Paris © Fernell Franco

Fernell Franco Série Interiores

Tags:

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

Publicité

Vous pourriez aussi aimer ?