D.I.V.A des femmes qui chantent tous les rôles, rôles d’hommes inclus…

D.I.V.A.S

«Cinq chanteuses lyriques, un quatuor à cordes, nous racontant, dans des réductions de 10 minutes, six des plus grandes œuvres et univers musicaux du répertoire lyrique tout en gardant une qualité musicale irréprochable, le projet est ambitieux, surprenant, alléchant… c’est D.I.V.A  » Manon Savary – Metteur en scène 

Il aura fallu beaucoup de pugnacité et de travail avant que ce beau projet de « D.I.V.A » ne voie le jour. À l’origine, c’est l’amitié ancienne de deux chanteuses d’opéra qui, voyant les années défilées et lassées de ne pouvoir travailler, décident de monter un spectacle original à leur image. Les castings s’enchaînent, la formation est loin d’être définitive. Le tout dans un farouche esprit d’indépendance, une certaine éthique (tf1 est écarté de la production) et une solidarité féministe assumée (association de femmes pour la lutte contre le cancer du sein – « Skin».)

La nécessité de pouvoir présenter concrètement le projet sur un support audio augmente le stress. Heureusement, l’entrée d’un excellent arrangeur sécurise le projet. Universal et un important tourneur international conquis, garantissent la production et les dates à venir. Le label classique Deutsche Grammophon et Decca Classics (reconnaissable à l’encadré bleu et rouge) leur assurent le gage de qualité et la reconnaissance dont elles rêvaient. En dernier lieu, l’intelligente mise en scène est assurée par la fille de Jérôme Savary. On ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec « l’Ultima Recital » déjanté de Marianne James, mais la comparaison ne dure pas, car, très vite, on se rend compte que le mélange entre humour, légèreté, modernité et classicisme est savamment dosé.

L’écueil de la vulgarité ou de la caricature d’un spectacle dans l’air du temps est évité, et rien n’est sacrifié, ni l’originalité ni la qualité. La volonté de « démocratiser » ce répertoire se traduit par une très belle connivence avec le public qui reconnaît les airs de la Traviata, Tosca et Carmen. Les 5 divas conquérantes sont postées sur des podiums d’écrans éclairés LCD. Les jeux de lumière passent du rouge carmin au bleu électrique. La scénographie est rythmée, drôle sans être exubérante, décalée juste ce qu’il faut. Des chuchotements ou des petits cris précèdent un nouvel acte. La gestuelle comique avec les plumes ou les éventails sur Carmen y participent. Les petits tambourins et les déhanchés sur la Traviata sont savoureux.

Les looks entre punk rock et Madame de Pompadour avec perruques, tulle, strass ou cuir sont parfaits. La chanteuse métisse dont la voix grave est impressionnante quant à elle, porte des chaussettes de tennis et des doc marteens blanches du plus bel effet. Deux violonistes, un alto et une violoncelliste assurent la partie musicale avec brio en contrebas de la scène. Leur sourire est communicatif ; ils sont partie intégrante du spectacle. L’adaptation de ce répertoire pour un quatuor est le fruit d’un énorme travail. L’intensité dramatique fidèlement interprétée et la légèreté d’opérette alternent et on se laisse porter par ces émotions. C’est le salut triomphal de nos divas dans une relation chaleureuse avec un public de tous âges et de tous styles qui manifeste une joie commune. D.I.V.A.S est une très belle création que nous ne pouvons que conseiller. En attendant la parution de l’album en février 2017, découvrez un premier opéra par D.I.V.A : Cliquez-ici

Photo : Louis Décamps

D.I.V.A - Carmen

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