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Cueco : Connivence au Centre d’Art Contemporain de la Matmut

Cueco - Conivence

Décédé le 13 mars dernier, Cueco est l’un des artistes les plus remarquables de sa génération. L’exposition Connivence  présentée au Centre d’Art Contemporain de la Matmut est un hommage à sa peinture.

Henri Cueco, né en 1929 à Uzerche et décédé le 13 mars 2017 à Paris, est un des artistes contemporains français les plus remarquables de sa génération, ayant marqué le retour à la figuration au début des années 60.

Le Centre d’Art Contemporain de la Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville accueillera du 15 avril au 2 juillet l’exposition « Connivence » de Cueco. Décédé le mois dernier, Cueco est l’un des artistes les plus remarquables de sa génération. L’exposition présentée est un hommage à sa peinture, notamment la période la plus récente de son travail. Ses dernières œuvres se caractérisent par une recherche picturale inédite, se traduisant par l’analyse, l’expérimentation, la réflexion sur la peinture, en particulier celle des grands maitres (Cézanne, De Champaigne, Rembrandt, Poussin, Ingres…). Artiste multiple, écrivain et homme de radio, il fonde paradoxalement son travail sur un renoncement au discours, critiquant un art conceptuel devenu trop officiel à son goût.

Cueco observe, analyse, pénètre, déforme, met en pièces, s’approprie certains grands chefs-d’œuvre de la peinture ancienne en des séries opérant de multiples variations, quelques fois impertinentes, souvent drôles, tout à la fois désacralisantes et savantes. Il écrit à propos de cette lecture de la grande peinture et de celle de Cézanne : « Cette liberté que l’on se donne permet de refaire le chemin de la création. Ce qui est passionnant est de découvrir les inventions de l’artiste pour suppléer à l’infirmité fondamentale de la peinture… privée de la troisième dimension. C’est là que l’artiste doit inventer pour suggérer l’espace (sans mentir par le trompe-l’œil), tout en respectant la planéité de la toile. La fécondité de Cézanne est d’avoir compris ça. « Faire du Poussin d’après nature », pris dans cette contradiction de « l’espace plat » (un oxymore). Il a passé sa vie à construire et déconstruire ce qu’il éprouvait devant la nature. La modernité du XXe siècle est souvent née de ses combats et de ses fertiles échecs. »

Le thème permanent, récurrent du travail d’Henri Cueco est le rapport de l’homme à la nature. Contrairement à de nombreux artistes de sa génération, il est préoccupé du rôle social de l’artiste et par la réalisation d’une peinture qui ne satisfait pas de n’être que la déclinaison de la peinture elle-même. Personnalité marquante de la Nouvelle Figuration ou Figuration Critique Cueco participa activement au salon de la Jeune Peinture, à la coopérative des Malassis, dont il fut membre fondateur en 1969.

Réflexion sur l’image, l’itinéraire de Cueco est fait de ruptures apparentes. Les cassures du temps idéologiques, psychologiques, génèrent les cycles de son travail. Se succèdent les cycles de son travail. Se succèdent de 1965 à 1975, Les Jeux d’adultes et les Hommes rouges ; de 1972 à 1976, Les Chiens et les Claustras ; de 1977 à 1987, les Herbes/Paysages dessinés marquent un retour au motif ; de 1987 à 1990, Sols d’Afrique, série inspirée non pas par un récit de voyage (je hais le folkore), mais par des livres sur l’Afrique dont les photos l’émeuvent. En 1993, il publie son journal d’atelier ou Journal d’une pomme de terre. A l’occasion de cette parution, la galerie Louis Carré & Cie présente 150 petits portraits de pomme de terre, ouvres réalisées parallèlement à l’écriture de son journal. Collectionneur dans l’âme ou âme de collectionneur -« l’humanité se divise en deux catégories : les jeteurs et les gardeurs. C’est de famille »-, Cueco supporte mal qu’on jette, qu’on détruise. Si bien qu’en plus des trésors arrachés aux décharges ou chinés, il vit parmi tous les objets dont il refuse de se défaire : cailloux, noyaux et queues de cerises, noyaux de pêches, de prunes, noisettes, amandes, bouts et entaillures de crayons, papiers froissés, élastiques de bureau, ficelles et. Dès 1986, il peint les objets qu’il accumule sur des petits formats tout en déclarant : « J’ai voulu prendre un risque avec la banalité et parfois c’est elle qui a gagné. » Il dresse l’inventaire de sa collection dans son livre Le Collectionneur de collections, paru en 1995 aux Editions du Seuil. L’approche plastique de Cueco est avant tout tournée vers les conditions de l’avènement de l’image. La logique de cette démarche conduit l’artiste à travailler à partir d’œuvres de la période classique. Depuis 1994, Cueco décortique en plasticien la construction des scènes sur lesquelles se représente et s’organise le désordre du monde. En observateur attentif, il relate de manière impitoyable ce qu’il voit, ce qu’il fait et ce qu’il ressent en s’appuyant sur les œuvres de Nicolas Poussin et de Philippe de Champaigne. Ces Variations présentées au Centre d’art contemporain de Meymac en 1997 puis à la galerie Louis Carré & Cie portent principalement sur quatre œuvres : L’Enlèvement des Sabines de Nicolas Poussin, Ex-Voto, Le Christ mort et le Cardinal de Richelieu de Philippe de Champaigne. Durant l’été 2000, l’artiste s’installe avec son matériel de peintre dans les prés au Pouget, et peint le ciel et les nuages, les couchers de soleil, les arbres, les haies et les clôtures par beau et mauvais temps. Une série de 155 tableaux illustre la campagne de Corrèze racontée dans un ouvrage intitulé La Petite peinture, reproduction exacte, en couleurs, des pages de son carnet d’artiste, publié aux Editions Cercle d’art en 2001. Cueco apporte son concours à l’association Pays-Paysages dont il fut un des fondateurs en 1979. Cette association est riche d’une collection de près de 700 livres d’artistes axés principalement sur les thèmes de l’enfance et du paysage. Esprit doué d’un grand sens de l’humour, il publie aussi de nombreux textes : L’arène de l’art, essai écrit avec Pierre Gaudibert en 1988, critique virulente d’un minimalisme académique et d’une art conceptuel devenu trop officiels, à son goût, en France ; Journal d’atelier, 1988-1991 ou le Journal d’une pomme de terre, paru à l’Ensb-a, 1993 ; Comment grossir sans se priver, publié aux Editions Frank Bordas en 1997 ; Le Volcan, Paris, Editions Balland, 1998 ; Discours inaugural du centre national de la faute d’orthographe et du lapsus, La Louvière, Editions Le Daily-Bul, 1998 ; Le Troubadour à plumes, Brive-la-Gaillarde, Editions François Janaud, 1999 ; L’inventaire des queues de cerises, Paris, Editions du Seuil, 2000 ; Dessine-moi un bouton, Paris, Editions du Seuil, 2000 ; Dialogue avec mon jardinier, Paris, Editions du Seuil, 2000 ; Plusieurs ouvrages accompagnent les expositions personnelles, ainsi La petite peinture parue au Cercle d’art en 2001 ou Narcisse Navré publié en 2003 aux Editions du Seuil. Au mois de mai 2008, il participe au Grand Palais à l’exposition « Figuration Narrative » alors que paraît spécialement pour l’ouverture de son exposition au Château de la Roche-Guyon, « Cueco ou la nature des choses » du philosophe Alain Chareyre-Méjan, aux Editions du Panama, 2008, et « Une saison dans l’atelier », catalogue du Musée Ingres de Montauban, 2010. Henri Cueco est aussi un homme de radio : il participe régulièrement depuis de nombreuses années aux émissions radiophoniques Les Décraqués et Les Papous dans la tête de Bertrand Jérôme et Françoise Treussard sur France Culture dont les Editions Gallimard publient en 2004, l’anthologie.

Le Centre d’Art Contemporain de la Matmut

Libre d’accès et ouvert à tous, petits et grands, amateurs ou connaisseurs… Le Centre d’Art Contemporain est un lieu dédié aux expositions temporaires d’artistes émergents et confirmés. Au rythme des saisons, dans le parc de 6 hectares, se dessine une rencontre entre art et paysage (arboretum, jardin japonais, roseraie). La galerie de 500m² est dédiée aux expositions temporaires, aux ateliers pour enfants, aux visites libres et guidées. Un conférencier du Centre d’Art Contemporain accompagne les visiteurs dans l’exposition temporaire en cours. Les prochaines visites accompagnées, se feront les dimanches 23 avril, 14 mai et 25 juin 2017 à 15h, avec une entrée libre.

Photo : Henri Cueco, Danaé aux roses, d’après Rembrandt, 1965, huile sur toile  © D.Cueco © ADAGP, Paris 2017

Informations pratiques :

Henri Cueco, Bethsabée, d'après Rembrandt, 2004 – 2005, acrylique sur toile (8 toiles) © D.Cueco © ADAGP, Paris 2017

Henri Cueco, Bethsabée, d'après Rembrandt, 2004 – 2005, acrylique sur toile (8 toiles) © D.Cueco © ADAGP, Paris 2017
  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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