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Corniche Kennedy de Dominique Carrera, un plongeon dans le bleu de la mer

Corniche Kennedy de Dominique Cabrera

Corniche Kennedy : Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité. Filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort. Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être.

Le soleil brille, le ciel est bleu, la mer est belle, nous sommes à Marseille. Marseille, cette ville perchée sur les bords de la Méditerranée, où calanques et corniches cohabitent pour le bonheur des yeux. Marseille, ville romaine bénie des Dieux de par sa superbe situation géographique, est la ville où il pourrait faire bon vivre.

Mais les oiseaux ne chantent pas de la même manière pout tout le monde, et, comme dans toute grande métropole, les gens n’y vivent pas les mêmes vies et les devenirs et futurs ne seront jamais les mêmes. Les cités dortoirs, ce que l’on nomme les quartiers populaires, les quartiers « Shit », sont, pour beaucoup de jeunes, les lieux d’où, pour la plupart, ils ne pourront s’échapper hormis les pieds devant…

Ses 21 kilomètres de littoral, de corniches, de calanques et de petites falaises confèrent à la ville une multitude de spots à plongeons. Interdits bien sur par la maréchaussée, ils sont, pour les plongeurs, l’occasion rêvée de transgresser la loi, mais aussi un lieu de détente, de plaisir, de bien être, de rencontre et de partage, de tout ce qui manque dans leur vie de banlieusards abandonnés.

C’est un peu comme, si tous les jours, ils partaient en vacances pour s’envoyer en l’air, et penser le temps d’un instant que la vie peut-être aussi très belle. Mais, entre vie et mort, tout est possible, car plonger n’est pas toujours sans conséquences, parfois graves d’ailleurs et, comme l’indique le journaliste et écrivain Philippe Pujol, « L’inconscience de l’adolescence est accentuée chez les jeunes des quartiers populaires, habitués à être dehors, sans adultes. L’une des premières causes de mortalité dans les quartiers nord, ce ne sont pas les règlements de compte mais les accidents de moto et de loin. La pression sociale est énorme. C’est dans ce cas précis que les gamins peuvent se faire mal. Il y a un effet de groupe particulièrement fort dans les quartiers populaires. Tout est basé sur la virilité. Tu es un homme ou tu n’es pas un homme. »

Je suis allé voir, il y a quelques jours, le film « Corniche Kennedy » de la réalisatrice Dominique Cabrera, qui a pris pour thème les jeunes et la mer de Marseille sur la cannebière, ou plutôt sur la vie des corniches qui rivalisent de beauté et d’appel au saut pour se donner au passage une bonne dose d’adrénaline.

Suzanne, jeune fille à la jeunesse dorée, interprétée par la sublime Lola Creton, mate depuis la villa familiale une bande de jeunes qui plongent et replongent afin de réaliser encore et encore le plus beau des plongeons. Suzanne, qui est en heure de passer son bac, ce dont elle ne soucie guère, n’a plus qu’une envie, celle d’aller rejoindre ce groupe, d’aller rejoindre ce qui est pour elle la liberté. Petit à petit et à pas de loup, elle va réussir à se faire accepter par cette joyeuse bande, les laisser pour compte de cette société. C’est avec Marco (Kamel Kadri) et Mehdi (Alain Demaria), les deux principaux protagonistes du groupe, qu’elle va réussir à s’envoler, à s’exploser dans le bleu de la mer et à trouver la raison de vivre qui lui manque, tous se stimulant mutuellement à braver la peur du saut et à partir à la découverte des corps et de l’amour.

La conquête de la liberté pour Suzanne n’est pas réciproque, le restant de la bande survivant entre menus larcins, frère en prison et covoiturage de bandits, ce qui ne laisse entrevoir que peu d’avenir. Malheureusement rien n’est beau comme dans le meilleur des mondes et la police perturbe le jeu par la pression qu’elle exerce sur Marco, le chauffeur des bandits hautement recherchés. C’est vraiment dommage qu’à ce stade de l’histoire le film marque le pas, car, malgré la présence de la rafraîchissante Aïssa Maïga en lieutenant de police, l’histoire est un remake du Marseille de la pègre déjà maintes fois traité, n’amenant rien de nouveau ni de sain.

Ce qui fait l’intérêt de ce film, c’est la rencontre entre deux mondes, deux mondes qui s’observent, se craignent et ne se mélangent pas. L’un qui a presque tout et l’autre qui n’a pratiquement rien. Ce qui fini pas les unir, c’est la découverte et le parfum de l’autre, le fait de pouvoir être si près en partant de si loin. Le fait de pouvoir se toucher et comprendre que des choses sont possibles parce que l’un a fini par accepter les différences de l’autre. La banlieue, « c’est pas rose, la banlieue c’est morose », comme disait la chanson, mais parfois de petits miracles sont possibles, ce que nous laisse entendre ce film.

Lola Creton, dont on dit qu’elle est très timide, se sert de ce rôle pour se transcender ; elle qui a déjà une très longue carrière, malgré sa jeunesse, fait preuve d’une incroyable sensualité tout autant dans son regard que dans son jeu, et d’une justesse dans tout ce qu’elle fait comme si elle n’avait peur de rien. Dans Corniche Kennedy, elle est la seule professionnelle de la troupe, au sein de laquelle elle a réussi à se fondre avec naturel pour le grand plaisir de tous les autres.

Dominique Cabrera avec son envie de montrer dans ses films ce qui se passe sur terre, nous présente à sa manière des histoires de personnes, où le soleil permet d’aborder la vie sous un angle différent. Aïssa Maïga qui de son côté est aussi cette semaine, dans le film de Lucien Jean-Baptiste « Il a déjà tes yeux« . »Corniche Kennedy », en salles mercredi, est une adaptation d’un roman de Maylis de Kerangal.

Corniche Kennedy

Réalisateur : Dominique Cabrera
Acteurs : Aïssa Maïga, Lola Creton, Alain Demaria, Kamel Kadri
Genre : Drame
Nationalité : Français
Date de sortie : 18 janvier 2017
Durée : 1h34mn

Corniche Kennedy - Bande Annonce

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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