• Participez au sixMic Crowfunding !

Civiliser l’Espace au Musée des arts décoratifs et du design de Bordeaux

Civiliser l’Espace

« Civiliser l’Espace »

Après 70 ans de conquête spatiale, des laboratoires de recherche ont été installés en orbite, des hommes ont marché sur la Lune, et dorénavant, on parle de plus en plus des premiers vols touristiques d’ expédition vers Mars et d’installation de stations privées en orbite… L’accès à l’Espace est en train de considérablement se démocratiser. A l’heure donc où le voyage stellaire est en train de se banaliser, l’exposition « Civiliser l’espace » du Musée des Arts déco et de Design de Bordeaux rend compte d’un projet expérimental montré pour la première fois au public, celui du designer Octave de Gaulle : « Distiller ».

S’il était jusqu’à aujourd’hui assez incongru de voir des designers plancher sur les problématiques extraterrestres, Octave de Gaulle a pris le devant et s’est penché sur les formes et objets qui accompagneront la civilisation de l’Espace, ces nouveaux touristes (fortunés) que les voyages spatiaux attirent. Pour les accueillir, les capsules devront offrir tout le confort moderne du XXIe siècle.

Octave de Gaulle a ainsi consacré son étude à l’aménagement intérieur des futures navettes qui emmèneront les civils dans l’espace, imaginant toutes sortes d’objets « indispensables » à emporter lors d’un voyage en les adaptant à la vie en apesanteur, et ce afin de rendre l’environnement spatial aussi réaliste que ludique. Ce jeune designer a imaginé une ergonomie de l’Espace, y définissant le confort, l’épanouissement des voyageurs et la convivialité à bord.

Distiller est évidemment un programme de recherche à long terme sur le phénomène de l’apesanteur, pour lequel une documentation spatiale conséquente est certes indispensable, mais il nécessite aussi des principes scientifiques, des expériences physiques, et de nombreux aller-retour entre dessins, tests et prototypages à l’échelle afin que l’absence de gravité ne constitue plus une lutte constante entre l’homme et son environnement.

Outre le concours ponctuel de spécialistes, trois autres designers ont participé au programme Distiller : Matt Sindall qui fut le directeur du projet à l’ENSCI, Basile de Gaulle, frère d’Octave, et son associé Romée de la Bigne. On peut certes êtres surpris que les premiers efforts se soient portés sur le service à vin ; mais de nombreux documents d’archive témoignent que l’alcool est présent dans les stations spatiales depuis toujours…Mais il reste difficile de boire un verre comme sur terre ! Or, comme le précisent les jeunes designers, cela engage la conversation, encourage le partage et crée la convivialité.

À bord des stations spatiales actuelles, impossible de servir un verre, de le partager et encore moins de trinquer, la bouteille en plastique et sa paille étant les seuls éléments dont disposent les astronautes. Rempli sur Terre et stocké à plat, le tore, réalisé en polycarbonate et silicone, a l’avantage d’être facilement préhensile ou accroché en apesanteur. Son bouchon est constitué d’une lèvre en silicone qui s’ouvre sous la pression des doigts, libérant ainsi le liquide.

Lorsqu’on ouvre le bouchon, une bulle de vin se forme au niveau du goulot. Elle s’échappe et flotte lorsqu’on cesse d’exercer une pression. Couleur verte et étiquette étaient ici indispensables afin de conserver les vestiges de la bouteille terrestre et comprendre la forme. Pour ce qui est du verre qui devait permettre d’attraper la bulle produite par la bouteille et de la porter à ses lèvres, la forme retenue par les designers français est celle inspirée d’un protocole expérimental réalisé sur l’ISS où, pour contrôler et immobiliser des sphères d’eau, l’astronaute Don Pettit utilise des boucles de fil d’acier. Ici, le verre devient une tige surmontée d’une forme circulaire en acier émaillé équipée à l’extrémité de deux lames fines d’acier qui une fois superposées forment une anche propice à accueillir la bouche. Evidemment, le surplus de bulles du champagne ne rend pas ce dernier envisageable, mais le concept fera sans aucun doute l’objet d’améliorations dans les années à venir.

Le programme Distiller veut également repenser les objets les plus simples, leur mobilité, leur stockage dans le but de mettre fin à la dérive des corps dans l’habitacle. En effet, du moindre petit élément jusqu’aux membres de l’équipage, tout nécessite d’être maintenu par une sangle, un velcro ou un morceau de ruban adhésif, manque de gravité oblige…. Octave de Gaulle travaille à ce second projet qui n’est autre qu’une déclinaison de l’effet de coin à l’échelle des corps et des objets. En habillant l’intérieur des stations spatiales de tissus et mousses polyuréthanes, il serait alors possible de tout coincer avec et de concilier voyage dans l’espace et confort en apesanteur.

Civiliser l’Espace

le programme Distiller

Tags:

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

Publicité