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« Chefs-d’œuvre d’Afrique » dans les collections du musée Dapper

Humaniste disparu en 2012, Michel Leveau est à l’origine de la fondation Dapper, mission qu’il s’était fixée de réaliser de son vivant il y a plus de trente ans. Esthète, c’est avec rigueur qu’il a acquis des œuvres exceptionnelles, certaines d’entre elles allant même jusqu’à avoir appartenu auparavant à de grands noms qui ont marqué la reconnaissance des arts non occidentaux, Charles Ratton, Tristan Tzara, Paul Guillaume.

Michel Leveau poursuivait un seul objectif, celui de faire mieux connaître les arts traditionnels de l’Afrique subsaharienne et de sensibiliser un large public. Les pièces du musée Dapper constituent une collection d’exception, aussi diverses de par leur origine géographique que par leur ancienneté et leur grande valeur esthétique. L’exposition, qui comprend quelque 130 pièces, présente des œuvres majeures, réunies pour certaines pour la première fois au monde et témoins des grandes cultures de l’Afrique. Certaines sont uniques et n’ont aucun équivalent dans le monde, telles des sculptures du Gabon (Fang, Kota, Punu), du Cameroun (Bangwa), du Bénin (Fon), ou encore du Mali (Dogon, Soninke). Attendu depuis des années par le public, Chefs-d’œuvre d’Afrique permettra aux visiteurs de découvrir des pièces maîtresses qui puisent leurs significations dans les cultures de l’Afrique centrale ou dans celles de l’Afrique de l’Ouest.

Les pièces exposées racontent la vie des sociétés qui les ont vues naître. En effet, masques, statues, statuettes, autels, parures, armes et bien d’autres artefacts sont liés à des pratiques et des savoirs spécifiques. Leurs fonctions sont multiples. Certains objets étaient utilisés dans le cadre des initiations, celles des adolescents ou celles des hommes mûrs devant développer leurs connaissances ésotériques et/ou techniques. D’autres – parfois les mêmes – intervenaient lors de cultes destinés à rendre hommage aux ancêtres, à assurer la fécondité des femmes, la fertilité des terres ou à soigner.

Photo : FANG GABON – Figure de reliquaire – Musée Dapper, Paris © Archives Musée Dapper – Photo Hughes Dubois.

L’exposition est complétée par « Afrique plurielle » qui est une fenêtre sur le monde contemporain et une création d’Aurélie Leveau qui, à l’aide de montages photos et vidéos, questionne quelques actes et comportements qui traduisent des modes de pensée, des façons de vivre et de forger des identités. Ces pratiques se veulent « originales ». Mais sont-elles si éloignées de celles qui constituaient jadis des normes en Afrique ? L’exposition est complétée par un superbe ouvrage magnifiquement illustré « Chefs-d’oeuvre d’Afrique dans les collections du musée Dapper », qui couvre deux sections, l’Afrique centrale et Afrique de l’Ouest et où les œuvres reproduites bénéficient de commentaires d’éminents spécialistes, anthropologues ou historiens de l’art : Alain-Michel Boyer, Jean-Paul Colleyn, Christiane Falgayrettes-Leveau, Christiane Owusu-Sarpong, Anne van Cutsem-Vanderstraete, Jean-Pierre Warnier. Le livre contient également un texte de Michel Leveau, repris de l’ou­vrage épuisé « Gabon, présence des esprits. »

Une très belle exposition qui se veut également un hommage envers Michel Leveau, le fondateur du musée Dapper.

Bangwa – CamerounStatue – Musée Dapper, Paris

Bangwa
© ARCHIVES MUSÉE DAPPER – PHOTO HUGHES DUBOIS

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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