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Chaissac – Dubuffet, entre plume et pinceau

Gaston Chaissac
Gaston Chaissac, Visage aux hachoirs, 1947-1948, gouache sur papier Canson marouflé sur contreplaqué, 64×48 cm, collection privée- Gaston Chaissac © Adagp Paris 2013

L’Adresse Musée de La Poste présente l’exposition Chaissac – Dubuffet, entre plume et pinceau du 27 mai 2013 au 28 septembre 201380 oeuvres (tableaux, sculptures, objets) de chaque artiste, des documents et des lettres sont exposés.

Le fil directeur de l’exposition est la correspondance croisée Chaissac- Dubuffet publiée par Gallimard en mai 2013. Gaston Chaissac (1910-1964) et Jean Dubuffet (1901-1985) se sont rencontrés en 1946, par lettres interposées et par l’entremise de Jean Paulhan. Leur relation débute sous le signe de l’écriture et dure jusqu’à la mort de Chaissac. Leur correspondance, constituée de 448 lettres, est une mine pour relire leurs oeuvres à l’aune de leurs passions et de leurs détestations, de leurs espoirs, de leurs succès et de leurs déconvenues.

Les gouaches hautes en couleur de Gaston Chaissac révèlent un coloriste hors pair. Les « hautes pâtes » texturées de Dubuffet excellent dans la trituration de la matière. Si les moyens diffèrent, l’esprit d’expérimentation incessante qui les anime est bien le même. Gaston Chaissac, qui se désignait comme un « peintre rustique moderne » et Jean Dubuffet, fervent défenseur de « l’art brut » traquaient tous deux l’art au détour du chemin et le saisissaient, bien vivant, là où d’autres ne le voyaient pas. Cette exposition invite à la découverte de cet art neuf, qu’ils pratiquèrent en virtuoses de la récupération et de la métamorphose de matériaux dérisoires et sans noblesse. Elle met en avant la complicité artistique et littéraire de ces deux peintres et épistoliers de talent.

Après une interruption de dix années consacrées au négoce du vin, Jean Dubuffet, installé à Paris, renoue définitivement avec ses premières amours artistiques en 1944, à l’occasion d’une exposition personnelle à la galerie Drouin qui fit grand bruit.

Chaissac à cette date, a quitté la capitale. Il s’y était, en autodidacte averti, initié à l’art auprès d’Otto Freundlich et de Jeanne Kosnick-Kloss qui organisèrent sa première et discrète exposition parisienne à la galerie Gerbo en 1938. En 1942, son mariage avec Camille Guibert le conduit en Vendée (Boulogne, Sainte-Florence de l’Oie puis Vix) où il passera le reste de sa vie. En apparence, ces deux-là ont peu en commun : Dubuffet, évoluant dans un milieu aisé, citadin, compose – malgré sa défiance – avec le milieu artistique et se taille une réputation qui, scandaleuse et décriée en France, lui vaudra très tôt l’intérêt des Américains. Gaston Chaissac, isolé dans le bocage vendéen, se heurte aux sarcasmes des paysans du coin, se méfie de loin des marchands parisiens, vit modestement auprès de sa femme, institutrice laïque, de quelques travaux journaliers, des récoltes de son jardin et de quelques ventes d’oeuvres.

Mais, à y regarder de plus près, ils partagent un même enthousiasme pour tout ce qui touche à « l’homme du commun » et se défient des bonnes recettes éculées d’un art savant qu’ils jugent par trop répétitif et ennuyeux.

Jean Dubuffet
Jean Dubuffet, Colloque sous les arbres, 30 mai 1949, huile sur toile, 89×115.5 cm, Musée de l’Abbaye de Sainte-Croix – Jean Dubuffet © Adagp Paris 2013

L’Adresse Musée de La Poste

34 Boulevard de Vaugirard 75015 Paris

 

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