Catherine Gil Alcala aux Éditions La Maison Brûlée

Catherine Gil Alcala

Le talent de Catherine Gil Alcala s’est fait remarquer au fil des ans dans de nombreuses disciplines, la poésie, le théâtre, la performance, la musique, les arts plastiques… Traduire le langage de l’inconscient, des rêves, de la folie sont ses thèmes de prédilection, voire ses obsessions !

Depuis quelques années, elle se passionne pour l’écriture et plusieurs de ses textes ont été joués au théâtre ou ont fait l’objet de performances musicalo-poétiques. Maelström excrémentiel, son poème érotique surréaliste, a été représenté au Théâtre des Déchargeurs et au festival d’Avignon. Elle a également conçu une expo-performance de poupées et de poèmes : Doll’art ou les Épopées de Pimpesouée, puis des performances à partir de ses poèmes : Les Contes défaits en forme de liste de course et Déréliction de l’art, au Musée du Montparnasse et dans le cadre du Printemps des poètes.

Sa pièce James Joyce fuit… Lorsqu’un homme sait tout à coup quelque chose a été représentée au 59 Rivoli dans le cadre des Nuits blanches. Après avoir publié en 2015 aux Éditions de la Gare Une Nouvelle ville, vie… dans l’ouvrage collectif Bocal urbain / Vivre la ville demain, elle a publié aux Éditions La Maison brûlée ses derniers opus :

James Joyce Fuit… Lorsqu’un Homme Sait Tout à Coup Quelque Chose suivi de Les Bavardages sur la Muraille de Chine

Catherine Gil Alcala considère l’écriture comme un nouveau langage, et rend à travers ce livre un vibrant hommage à la folie et aux poètes qui l’ont aidée à vivre en lui ouvrant la voix.

Les deux textes qu’elle nous présente ici sont « à mi-chemin entre le théâtre et la poésie, ni l’un ni l’autre, les deux à la fois, car les fous parlent en poésie. Ce sont des fragments biographiques énigmatiques seulement comme peut l’être la véritable biographie d’une folie rêvée. » James Joyce Fuit… Lorsqu’un Homme Sait Tout à Coup Quelque Chose parle de perte d’identité, de la fuite d’une révélation qui implose, laissant place à l’hallucination dans une ville aux façades de cinéma qui s’effondrent. Alors il renaît à travers l’amour d’une actrice, réinvente un monde, s’invente des noms de poètes, James Joyce, Henri Michaux, Antonin Artaud, Arthur Rimbaud, comme les fous qui s’appellent Napoléon.

Les Bavardages sur la Muraille de Chine racontent comment lors d’une promenade sur la Muraille de Chine comme sur le fil du rasoir, Buck Mulligan et Humpty Dumpty inventent en « chinois » un dialogue entre James Joyce et Lewis Caroll. Ils se répandent en bavardages pour tuer le temps ou pour retarder le moment de l’angoisse qui les disloque en une multitude de personnages pour une mise en pièces du théâtre.

Le tragique parle à l’immensité qui se révèle être le plus in­time… Comme chuchoter à l’oreille d’un dieu… ou parler au lointain passé qui se tient derrière les paupières fermées. Nous rêvons le monde autant que nous le vivons. J’ai toujours vécu le théâtre comme le lieu de la transe.

Catherine Gil Alcala a écrit les Farces Philosophiques en parallèle à la Tragédie de l’Âne, cherchant à revenir aux origines de l’imaginaire théâtral pour s’y immerger. La forme en est tragi-comique, la fertilité de l’écriture puisant ses racines dans les travers humains.

La Tragédie de l’Âne exprime la tragédie de la bêtise ou du tyran qui provoque la catastrophe par son infatuation gonflée de son propre vide. Cela fait penser à la farce bien connue de la grenouille et du boeuf, mais également, et pour faire un parallèle à l’actualité qui submerge nos sociétés depuis quelques semaines, à la stupidité inhérente aux discours totalitaires et à l’enchaînement absurde des désastres.

La Tragédie de l’Âne est l’histoire du Roi aux oreilles d’âne décollées qui fait assassiner la Reine des oiseaux pour épouser une nouvelle femme déjà enceinte de lui. Avant de la tuer, il lui dit qu’il la fera rôtir pour son repas de noces. La tête décapitée de la reine jette une malédiction sur tous ceux qui auront mangé sa chair. Les oiseaux de proie déterrent dans l’azur les industries chimériques des guerres…

Les Farces Philosophiques regroupent dix-huit piécettes tragi-comiques où le poète et le léopard entament vaguement un duel pour conquérir la géante à la narine de catin et concluent finalement un arrangement amoral… la petite fille aux allumettes vampe le loup-garou pour ne pas être dévorée, mais elle meurt en avalant le paquet d’allumettes… Méphistophélès fait un pacte avec le miséreux sans le damner, etc.

Les Éditions La Maison Brûlée ont déjà récemment produit des spectacles et des performances tirés des textes de Catherine Gil Alcala, lui faisant également des commandes à l’écriture. Comme le souligne l’éditeur Joël Marette, «  Sa poésie à la fois puissante et ciselée, son style original, syncrétique et intemporel, m’ont toujours captivé. Elle a déjà écrit un ensemble de textes assez consistant, et il m’a paru légitime de pousser l’aventure jusqu’au bout en me lançant dans leur publication, par le biais des Éditions La Maison brûlée. Cette collection est donc consacrée à la poésie, au théâtre, à l’écriture pour la scène ou la performance, et à la nouvelle. Ce point d’ancrage est un tournant, les textes doivent s’arrimer à d’autres créateurs, créer du lien, et se faire connaître du public par la lecture. »

Les Éditions La Maison Brûlée prévoient trois titres en 2016 et deux autres en 2017.

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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