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Brest, une métropole résolument tournée vers l’art et la culture

 Les peintres de Pont-Aven

Brest se métamorphose, la métropole océane se restructure et change de visage. Pour devenir attractive, Brest joue la carte de la séduction en valorisant sa création artistique, la présence visible de l’art ayant toujours été une nécessité et une spécificité forte de cette ville.

Au détour d’une ruelle, le long des murs de la ville, vous pourrez découvrir, à pied ou en vélo, les 21 fresques de street art réalisées par des artistes locaux et venus des quatre coins de l’Europe, et qui sont l’aboutissement du projet « crimes of minds » mené par l’association Sugar Rush.

La longue histoire de Brest avec l’art et la culture au sein de son espace public se poursuit tout au long de sa ligne de tramway où sont exposées toute une série de sculptures. Elles ont toutes des significations particulières, celles des identités culturelles qui composent la ville, dans la diversité géographique, historique et sociologique de ses quartiers. Chaque sculpture se veut un lien entre les différentes entités territoriales qui composent la métropole.

 Le musée des Beaux-Arts

Conçu pour favoriser l’accès de tous à la culture, le musée des Beaux-Arts est riche de ses collections permanentes (école de Pont-Aven) et animé de nombreuses expositions temporaires. C’est un musée qui se veut être aussi bien un lieu de découvertes que de rencontres et d’échanges, grâce à de nombreux débats et conférences. Situé dans la partie brestoise totalement détruite en 1941, le musée des beaux-arts de Brest a une histoire bien particulière. Seule une partie des collections ayant été mise à l’abri au château de Penmarc’h à la fin de 1939 – les objets chinois et japonais, les collections grecques et étrusques, les porcelaines de Sèvres et un petit nombre de peintures et de dessins –, la plupart des œuvres a brûlé dans l’incendie qui a suivi les bombardements. Après la guerre, un nouveau musée est programmé autour de ce noyau, auquel s’ajoute un don d’objets ethnographiques de la ville de Glasgow et des maquettes des bateaux des côtes françaises. En 1952, l’édification du musée est envisagée dans la dernière phase du plan de reconstruction de l’architecte Charles Mathon. À partir de 1959, le musée prend une orientation ethnographique, notamment à travers la constitution d’une collection de cornemuses. Le musée « définitif » est inauguré en 1968, après la reconstitution, avec le fonds des dommages de guerre, d’une collection désormais axée sur les beaux-arts, et particulièrement la peinture. En 1974, une exposition au musée du Louvre intitulée La renaissance du musée de Brest souligne la richesse et l’originalité de cette nouvelle collection. Actuellement au Musée  : « Les peintres de Pont-Aven » exposition jusqu’au 5 janvier 2014

La Passerelle

Miraculeusement épargné par les bombardements de la seconde guerre, le quartier Saint-Martin de Brest accueille « La Passerelle », centre d’art contemporain. Enrichir le regard sur l’art actuel, répondre à des problématiques esthétiques et/ou sociétales posées par le champ de l’art contemporain, tels sont les objectifs de « La Passerelle » qui dispose d’un volume architectural imposant de 4000 mètres carrés. On peut, entre autre, y découvrir les œuvres sculpturales de Wilfrid Almenda, les vidéos engagées de l’artiste colombien Marcos Avila Forero et enfin les œuvres picturales du duo français Jugnet+Clairet.

Exposition à La Passerelle

Wilfrid Almendra

L’intranquillité

dans le Patio et sur le Quai

  • Jusqu’au 04 janvier 2014

Le travail du sculpteur français Wilfrid Almendra braconne, déplace, réévalue et réagence en permanence les problématiques soulevées par ces utopies collectives dont a désormais eu raison une société contemporaine occidentale structurée par les aspirations individualistes. Depuis près de dix ans, il arpente les zones d’habitations pavillonnaires pour observer les symptômes concrets de ce qui constitue pour lui l’expression contemporaine et postmoderne de l’idéal communautaire. Ses œuvres mettent en tension aspiration à l’individualisation et fatalité de la standardisation.

Ces investigations l’ont notamment mené aux Etats-Unis à étudier le programme des Case Study Houses. Cette expérience programmatique de l’après-guerre de construction d’unités d’habitation ultramodernes, fonctionnelles et économiques, a participé à la définition archétypale de la villa californienne et de l’American Way of Life dont l’imaginaire s’est depuis répandu dans tout le monde occidental. De la même façon qu’il existe un abysse entre les maisons modèles d’architectes du programme et la réalité pavillonnaire telle qu’elle s’étale désormais en banlieue de nos villes, Wilfrid Almendra réinterprète dans sa série de dix sculptures murales, Killed in Action (2009), autant de maisons qui sont restées à l’état de projet, en imaginant, à coup de techniques de bricolage, de matériaux de récupération chargés d’histoires et de références autobiographiques, leur devenir si d’aventure elles avaient été construites.

À Passerelle, Wilfrid Almendra met en tension dans une production in situ ses investigations californiennes avec une pratique proprement française : le jardin ouvrier. Espace de partage autant que sphère d’expression d’une esthétique propre, ce petit lopin de terre est l’opportunité pour les plus démunis comme les nostalgiques de la campagne, de faire pousser quelques carrés de légumes, quelques arbres fruitiers et buissons de roses, de se créer leur petit coin de paradis.

Jugnet + Clairet

Séries

à l’Etage

  • Jusqu’au 04 janvier 2014

La peinture du duo français Jugnet + Clairet possède tous les atours de la grande peinture abstraite américaine. Pourtant, dans leurs larges formats, leurs motifs hypnotisants et leurs couleurs captivantes, tout est bien histoire de test, de zoom, d’arrêt sur image, de close-up ou de rembobinage.

Jugnet + Clairet font des média contemporains les matières premières d’une investigation dans ce que recèle l’image. Ils explorent avec tout l’enthousiasme qui les caractérise la neige télévisuelle, les fermetures d’écran cathodique ou les brûlures (cinématographiques) de cigarette comme d’autant de prétextes à l’aventure picturale et à la production en série. Suivant des protocoles stricts, ils décortiquent en profondeur ce que l’œil humain laisse naturellement de côté pour se livrer à une fascinante pratique de la nature morte dont le traitement non objectal confine à l’onirisme.

Nées de l’écran et nourries des imaginaires que véhiculent leurs objets d’étude, les toiles deviennent à leur tour surfaces de projection, fenêtres ouvertes vers des territoires fictionnels amorcés par leurs titres : des secrets des laboratoires en recherche nucléaires de Los Alamos aux mythiques paysages américains évoqués par des indices géographiques comme Alpine, TX. L’exposition invite à une plongée dans ces imaginaires par la générosité de la série comme dans la malice de sa saturation.

Moukimbi Moukengui

A l’Ecran

  • Jusqu’au 04 janvier 2014

Le travail de l’artiste colombien Marcos Avila Forero est immergé dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales identifiées dans lesquelles il s’engage personnellement et artistiquement. Ses œuvres mêlent ainsi expériences et éléments constitutifs de ces contextes. Elles portent l’empreinte de rencontres, de récits ou de parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temporalités et des géographies qui n’auraient pas dû se rencontrer. Ainsi, l’exposition évoque les déplacements du peuple Bantou, originaire d’Afrique équatoriale à travers l’Amérique latine, l’Afrique du nord et l’Europe.

Palenqueros (2013) est une série de tambours emblématiques de la culture Palenque, communauté issue à l’époque coloniale des territoires rebelles d’Amérique Latine bâtis par des fugitifs noirs. Ces instruments sont eux-mêmes à l’origine, une adaptation des tambours bantous d’Afrique. Poursuivant son investigation des logiques de déplacement et de migration, Marcos Avila Forero les fait réaliser par des artisans en Dordogne, région source de ravitaillement en matières premières des galions du commerce triangulaire.

La vidéo Cayuco (2012) réalisée au Maroc à proximité d’Oujda met en scène le parcours d’une reproduction en plâtre d’un “Cayuco”, une embarcation notamment connue pour la traversée des clandestins en Méditerranée. Poussée à même le sol durant plusieurs jours sur une route entre la frontière algérienne fermée et l’enclave espagnole de Melilla, ultime étape africaine des candidats à l’exil, cette sculpture s’use progressivement et laisse trace dans son sillage de son voyage jusqu’à la montagne de Gourougou. La troisième proposition, réalisée in situ, est un dessin mural qui reprend par le trait engagé et poétique de l’artiste la logique cartographique qui sous-tend toute l’exposition.

La Passerelle

Musée des beaux-arts

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