Bernard Chadebec s’affiche au Musée de l’Homme et de l’industrie

Bernard Chadebec

Chadebec bouscule l’affiche et s’affiche au Musée de l’Homme et de l’industrie 

Bernard Chadebec entre à l’INS en 1965. À l’Est, le mur de Berlin a quatre ans tandis qu’en France le Général De Gaulle inaugure le tunnel du Mont Blanc : entre guerre froide et construction de l’Europe, les maçons et les mineurs construisent parfois des routes parallèles… mais dans leur travail, il est probable que le danger n’ait pas de frontière…En 1964, au journaliste qui l’interrogeait sur « les influences qui ont agi sur vous, qui vous ont aidé à être ce que vous êtes », Jacques Prévert répondait : « vaste sujet ! ». À la même question, Bernard Chadebec rappelle sa boulimie de culture, ses nombreuses visites au Musée d’art moderne, aux expositions et sa fréquentation régulière des galeristes. Inspiré par ceux qu’il considère comme ses pairs, tels Picasso, Léger et Savignac, il s’attache à décomposer une situation dangereuse pour se concentrer sur les risques qu’elle présuppose. Il déculpabilise le lecteur et joue sur des registres variés ou l’humour à toute sa place, favorisant ainsi une large propagation de messages qui préconisent la prévention et la recommandation. Le succès de ses affiches est tel que nombre d’entre elles figurent toujours au catalogue de l’INRS.

Les affiches conçues par Bernard Chadebec trouvent leur origine dans des demandes formulées par l’INRS ou par les services prévention des caisses régionales d’assurance maladie des travailleurs salariés. Une commission réunissant des professionnels de l’information, de la communication et du graphisme de l’INRS définit les thèmes à traiter en priorité et valide le cahier des charges préparé par les éditions et transmis au graphiste, dans lequel apparaissent :- le thème de l’affiche ;- une explication de la problématique et du risque sur lequel faire porter l’effort de pédagogie collective pour modifier les comportements des intéressés ;- une identification des lecteurs cibles, des lieux et modalités d’affichage ;- une proposition de slogan et une indication de la tonalité de traitement du graphisme. Les graphistes soumettent ensuite leurs maquettes à la commission qui les examine, les discute, demande éventuellement des modifications et finalement décide des affiches qui seront imprimées. En fonction du thème traité, des experts de l’Institut peuvent être consultés pour préciser et valider l’aspect technique de l’affiche.

Le langage de Chadebec
Si l’oeuvre, d’une manière générale, reste figurative parce que l’objectif à atteindre impose le registre, stylistiquement, ses créations évoluent avec le temps. Le rendu relativement réaliste des premières années s’efface progressivement au profit d’une stylisation des formes. Chadebec ose la simplification qui permet à chacun de se reconnaître dans une situation à risque, quelle que soit son entreprise ou son corps de métier. Puis son style s’affirme et se stabilise. On y reconnaît des constantes parmi lesquelles la technique du papier découpé, les aplats de couleurs vives choisies à dessein pour attirer le regard, les formes géométriques conjuguées pour structurer les volumes. Chadebec cherche un style décalé qu’il trouve, tant que faire se peut, eu égard aux sujets traités, dans le comique de situation, la métaphore ou la transposition, à la manière des fables de La Fontaine, dans un monde symbolique pour lequel il convoque un joyeux bestiaire.

L’exposition Chadebec
L’exposition présente les affiches conçues par Bernard Chadebec, affichiste salarié de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), de 1965 à 2005. Servies par des tirages poussés à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et sujettes à réimpressions successives, ses productions trouvent leur place sur les parois des ateliers, à proximité des machines et dans tous les lieux à risques fréquentés par les salariés quel que soit leur statut : employés, ouvriers, artisans, manoeuvres, opérateurs, techniciens, ingénieurs… Inspiré parfois par ceux qu’il considère comme ses pairs, tels Picasso, Léger, Magritte et Savignac, il s’attache à décomposer une situation dangereuse pour se concentrer sur les risques qu’elle présuppose. Il déculpabilise le lecteur et joue sur des registres variés où l’humour a toute sa place, favorisant ainsi une large propagation de messages qui préconisent la prévention et la recommandation. Leur succès est tel que nombre d’entre elles figurent toujours au catalogue de l’Institut national de recherche et de sécurité. Et quand elles ne sont plus affichées sur les lieux de travail, elles font le bonheur des collectionneurs et des écoles d’arts plastiques où le travail de Bernard Chadebec, devenu oeuvre de référence, est étudié.  Cette exposition composée de 142 œuvres, 1 documentaire de 26 mn, 1 catalogue d’exposition, 1 livre-objet et l’édition de sérigraphies numérotées en séries limitées proposées en boutique.

L’exposition est prolongée par une sélection d’affiches détournant celles de Chadbec, réalisées par les étudiants du Diplôme des métiers d’art du Lycée des arts du bois de Moirans-en-Montagne. « Détourner Chadebec » est une exposition conçue en partenariat avec Michel Delacroix, artiste enseignant au lycée du bois de Moirans-en-Montagne. Il a confié à ses étudiants de Diplôme des Métiers d’Arts, formés au travail de l’ébénisterie dans des ateliers où figurent également des affiches de sécurité, le soin de rebondir sur l’iconographie créée par Bernard Chadebec pour se l’approprier avec distance, humour et créativité. Cette prise de recul, qui n’exclut pas l’irrévérence, s’inscrit pleinement dans une démarche pédagogique axée sur la création contemporaine et ses outils de conception.

Séquence 1 - Chadebec bouscule l'affiche - L'Affiche, un art au service de la prévention

Séquence 2 - Chadebec bouscule l'affiche - L'affiche, reflet d'une époque

Séquence 3 - Chadebec bouscule l'affiche - Renouvellement du graphiste

Séquence 4 - Chadebec bouscule l'affiche - Les influences

Bernard Chadebec dans l’exposition

Bernard Chadebec dans l’exposition© Ecomusée Creusot Montceau, photo Daniel Busseuil

© Ecomusée Creusot Montceau, photo Daniel Busseuil

Informations pratiques

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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