Barbara Govaerts : Cannes c’est reparti !

Cannes c’est donc parti ! Son Festival, sa compétition, ses stars…  Et c’est sous le soleil que débute ce 67ème opus qui vise à rassembler tous les amoureux du cinéma du monde entier. Oui vraiment, le Monde est là et c’est avec un plaisir non dissimulé que je redécouvre les moindres recoins de ce Palais, de ces salles, de cette ambiance animée.

Le Festival de Cannes aime la presse, quelques 4500 journalistes vont, en effet, se presser dans les salles afin d’assister aux diverses projections de la compétition et des sélections parallèles. Le film du jour n’était autre que le film d’ouverture Grace de Monaco réalisé par Olivier Dahan (La Môme), qui d’ailleurs, sort en salle simultanément.

La première projection est source d’une émotion particulière. La magie opère à nouveau, le plaisir de retrouver ce haut lieu du cinéma mondial… Les attentes sont grandes et le plaisir est partagé. Clairement, le cinéma unit et réunit au même titre qu’il a pour but de faire parler, de délier les langues, de créer des polémiques (parfois), des débats (souvent).

Débat il semble y avoir sur ce film qui retrace donc un pan de la vie de Grace de Monaco. Disons le tout de go, je ne suis pas une grande fan de ce cinéma là. Les grandes fresques romanesques avec soupçon de drame… très peu pour moi.

Le film est tout à fait l’image que je m’en faisais. C’est une fresque romanesque avec moult envolées lyriques qui ne creuse aucun des thèmes abordés. Il s’agit là d’un assez joli portrait de femme, certes. Il évoque les choix d’une femme qui doit trouver sa place entre son rôle d’épouse, de mère, de Princesse, et d’actrice… Oui d’accord, c’est là d’ailleurs l’enjeu de bon nombres de femmes dans le monde. Avec ce film, il me semble qu’Olivier Dahan confond le fait d’évoquer un sujet avec le fait de traiter un sujet. Tout sonne creux ici. Le film nous offre une sacrée exagération de gros plans : ce n’est pas pour autant que l’on « entre » plus facilement dans le film ni dans le cœur des personnages d’ailleurs.

C’est bien simple, rien ne m’a touchée mis à part La Callas… ah La Callas, elle apporte du frisson et ce supplément d’âme dans les moindres recoins de glace. Grace de Monaco, aura donc donné le La de ce 67ème Festival de Cannes mais ne marquera pas les anales du cinéma international et ce, avec ou sans l’approbation de la famille princière de Monaco, j’en fais le pari.

La musique joue un rôle important dans le second film de la journée. Timbucku d’Abderrahmane Sissako, premier film de la compétition officielle. Ce film, majestueux lui, évoque la dangerosité des extrémismes religieux et ce, sur un ton juste et sobre. Voilà tout ce que l’on peut demander au cinéma mondial.

Timbucku d’Abderrahmane Sissako
Timbucku d’Abderrahmane Sissako

Bien que parfois décousu, ce film montre les dérives d’un monde qui va à reculons. Là ou le rire, la couleur, le chant, la danse , le sport… régnaient en maitres, se trouvent désormais la peur, la haine, la lapidation, les coups de fouets imposés par quelques islamistes incultes. Sujet épineux et douloureux qui semble résonner dans la tête de tous : comment ce monde si évolué peut-il soudain revenir si bas. Sissako pose la question de la montée des extrêmes, question là encore, parlante et épineuse pour bien des pays et bien des cultures.

Alors que le soleil s’est couché sur la Croisette et sur le Palais des festivals depuis quelques heures maintenant, il est clair que cette première journée fût riche de nouveautés, de découvertes et de sensations fortes. Le cinéma nous parle, encore et toujours. Il résonne dans nos actualités, dans les sujets de nos sociétés. Le cinéma est bel et bien ce langage universel dont nous avons tant besoin. Barbara Govaerts à Cannes pour artsixmic

GRACE DE MONACO « Bande Annonce » 

Grace de Monaco

Lorsqu’elle épouse le Prince Rainier en 1956, Grace Kelly est alors une immense star de cinéma, promise à une carrière extraordinaire. Six ans plus tard, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Alfred Hitchcock lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie dans son prochain film. Mais c’est aussi le moment ou la France menace d’annexer Monaco, ce petit pays dont elle est maintenant la Princesse. Grace est déchirée. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement : Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco.

Réalisé par Olivier Dahan – Avec Nicole Kidman, Tim Roth, Frank Langella

TIMBUKTU, LE CHAGRIN DES OISEAUX

Réalisé par Abderrahmane Sissako – Avec Abel Jafri, Pino Desperado, Hichem Yacoubi – En décembre dans les salles

Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques. Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

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