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Armures, hennins et crinolines au château de Pierrefonds

Armures, hennins et crinolines

Du 15 avril au 18 octobre 2015, au château de Pierrefonds, le Centre des monuments nationaux (CMN) présente une grande exposition de costumes, qui se fera l’écho d’un Moyen-Age idéalisé au sein de ce véritable rêve de pierres édifié par Viollet-le-Duc. S’adressant à un large public, et en particulier aux familles, « Armures, hennins et crinolines » propose aux visiteurs de découvrir cet univers féérique dans la célèbre salle des Preuses, ainsi que dans les deux grandes salles du donjon nouvellement restaurées. Le 2e étage, habituellement inaccessible, sera ouvert à cette occasion, permettant de découvrir des espaces inédits du château.

Sous le commissariat de Martine Kahane et de Noëlle Giret, elle bénéficie de prestigieux partenariats, avec le Centre national du costume de scène (CNCS) de Moulins et la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine. La scénographie est signée Alain Batifoulier et Simon de Tovar.

Confrontation entre le patrimoine scénique et le patrimoine artistique du château, « Armures, hennins et crinolines » présente trente costumes et des accessoires de théâtre historique, prêtés par les plus grandes institutions françaises (Opéra national de Paris, Théâtre du Capitole de Toulouse, Opéra national de Bordeaux). Ils seront présentés dans trois salles du château sur des radeaux ornementés. A chacune de leur extrémité, des écrans diffusent images, textes et musique. Une riche iconographie accompagnera les oeuvres : reproductions de croquis de tableaux vivants par Eugène Viollet-le-Duc, dessins de décors et de costumes, documents d’inspiration, estampes, photographies… L’occasion de replonger dans l’univers enchanteur du château de Pierrefonds créé par le célèbre architecte au XIXème siècle.

L’exposition sera ensuite reprise sous une forme adaptée au Palais du Tau à Reims à partir de novembre.

Le château de Pierrefonds

C’est en 1393 que Louis d’Orléans, fils cadet de Charles V, reçoit en apanage le duché de Valois. Prince bâtisseur et mécène, il ordonne aussitôt la construction d’une demeure fortifiée en lieu et place de la première forteresse des descendants de Nivelon de Pierrefonds. Bien qu’inachevée au moment de l’assassinat du duc d’Orléans par son cousin Jean sans Peur, duc de Bourgogne, Pierrefonds n’en demeure pas moins célèbre par ses dimensions spectaculaires, la qualité de son décor et la puissance de son système défensif. Le château reste l’apanage de la famille d’Orléans, jusqu’à ce qu’Antoine de Saint Chamand s’en empare au nom de la Ligue, en 1589. Il résiste à deux tentatives d’assaut de l’armée royale, dont celle de Henri IV en 1593, mais le siège livré par Richelieu sur ordre de Louis XIII en 1617 lui est fatal : la forteresse de Pierrefonds est prise puis démantelée.

Racheté en 1811 par Napoléon Ier, Pierrefonds devient un lieu de promenade obligé pour les amateurs de pittoresque au temps du romantisme naissant, comme en feront l’écho de nombreux artistes de cette époque. Pourtant, avec l’avènement de Napoléon III, le château connaît une seconde vie. En 1857, l’empereur confie sa restauration à l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, déjà connu pour ses grands chantiers : Vézelay, Carcassonne ou Notre-Dame de Paris. Ce choix est légitime puisque Viollet-le-Duc a déjà publié sur le château – dans le premier tome de son Dictionnaire raisonné de l’architecture (1854) et dans sa Description du Château de Pierrefonds (1857). De la reconstruction de Pierrefonds, Viollet-le-Duc va faire le laboratoire de sa vision de l’architecture : puiser dans l’étude de l’âge médiéval les bases d’un art national qui viendrait contredire la suprématie du modèle italien de la Renaissance. Alors que l’empereur aurait plutôt souhaité faire du site une nouvelle et pittoresque résidence, l’architecte va transformer le château en un musée de l’architecture au Moyen Age. Soutenu dans sa démarche par un Napoléon III mécène, Viollet-le-Duc va mener à bien un programme de restauration, voire de réinvention, véritablement titanesque, qui va s’étaler sur plus de vingt ans.

Inachevés à sa mort en 1879, les travaux se poursuivent toutefois sous la conduite de son gendre Maurice Ouradou, qui en applique fidèlement les plans jusqu’en 1884. Ouvert au public dès 1867, la reconstruction du château de Pierrefonds doit ainsi être comprise comme une leçon de l’architecture française du XVe siècle, alliant indissociablement restitution archéologique et vision imaginaire du Moyen Age. Elle témoigne de l’universalité de la pensée de Viollet-le-Duc et l’étendue du talent d’un génie inclassable : à la fois archéologue et architecte, écrivain et dessinateur, décorateur et ingénieur. Le château de Pierrefonds est ouvert au public par le Centre des monuments nationaux.

Armures, hennins et crinolines. Costumes de scène, collection « Catalogues d’exposition » Martine Kahane et Noëlle Giret

Sous le règne de Napoléon III, Pierrefonds et Compiègne furent un des hauts lieux de la fête impériale. A la Cour, comme dans tous les milieux, règne la folie du théâtre amateur dont Eugène Viollet-le-Duc est le régisseur, le décorateur et le costumier.

L’histoire de France, toutes époques confondues, nourrit les imaginations. Très tôt, les scènes théâtrales et lyriques ont fait une large place aux oeuvres évoquant le Moyen-Age. La période romantique popularisera le goût pour le Moyen-Age, qui fait alors fureur et envahit, outre les productions artistiques, architectures et décors, styles d’ameublement, modes vestimentaires, etc. C’est le triomphe des costumiers qui élèvent de fragiles édifices de voile pour les hennins et tricotent la maille tandis que les décorateurs truquent les perspectives des immenses salles de garde des châteaux.

Au château de Pierrefonds, comme au théâtre, tout est vrai et tout est faux, et parfois le faux y est plus vrai que le vrai. Ce paradoxe nourrit l’oeuvre de Viollet-le-Duc comme il nourrit la production scénique. Grâce à la complicité des créateurs de costumes de spectacle, les personnages historiques sont de retour. Les costumes et les accessoires, armes et armures, présentés dans cette exposition spectaculaire se partagent entre vérité historique stylisée et extravagance pure.

Le Roi d’Ys, Till Eulenspiegel, Le Château de Barbe-Bleue, La Chauve-souris, Romeo et Juliette, La Célestine quittent pendant cinq mois les cintres de l’Opéra de Paris pour venir hanter les salles du château de Pierrefonds.

Prix : environ 12 €
15 x 24 cm – broché – 48 pages – 40 illustrations
ISBN : 978-2-7577-0470-7
Edition limitée et numérotée

Armures, hennins et crinolines
L’exposition « Armures, hennins et crinolines » dans la salle des Preuses
© Didier Plowy – Centre des monuments nationaux

Informations pratiques

Autour de l'exposition

Autour de l’exposition, des activités pour petits et grands seront proposées pendant les vacances de Printemps et pendant tout le mois d’août. Les enfants pourront s’initier à la mode médiévale avec grandes coiffes et capes, créer leur propre personnage en costume, fabriquer un accessoire de prince et/ou de princesse, se frotter à d’autres chevaliers en herbe comme eux au cours d’un combat amical

En atelier individuel ou en visite famille, une découverte extraordinaire du château de Pierrefonds et de l’exposition « Armures, hennins et crinolines » à ne pas manquer ! Renseignements et réservations au 03 44 42 72 72 ou par pierrefonds@monumentsnationaux. fr.

Dans le cadre de la programmation « Monuments en Musique » et l’exposition « Armures, hennins et crinolines », des membres de l’Orchestre se produiront en formation de chambre le 5 juin à 20h30, dans la Salle des Gardes.

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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