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« ANTICORPS » Photographies d’Antoine d’Agata

 Antoine d’Agata
© Antoine d’Agata – Magnum photos / Courtesy Galerie Les filles du calvaire

Antoine d’Agata investit LE BAL en ce début 2013, dix ans après sa première exposition marquante à la Galerie Vu. Dix ans de plus pour une oeuvre qui ne compte finalement que vingt années derrière elle. Dix ans de confrontation, d’immersion toujours plus radicale dans l’épaisseur du monde, ses plaies béantes et ses marges incandescentes. Dix ans d’une lente mutation de son langage vers plus d’abstraction, plus de noirceur, plus d’épure, sans inflexion dans l’exigence qu’il adresse à son oeuvre, qu’il s’adresse à lui-même. Une exigence de vie, de temps, un engagement face à la violence du monde qui l’obsède et le traverse.

Fannie Escoulen et Bernard Marcadé se sont plongés dans un corpus d’images de dizaines de milliers d’images, et de textes aussi. Avec Antoine d’Agata, ils ont pris à bras le corps une matière foisonnante, sédiments infinis de situations provoquées et de scénarios fortuits, une mine inépuisable dans laquelle il a fallu tailler. L’installation au BAL rend compte de l’ampleur de l’oeuvre, des enjeux qui la fondent et de la position d’un homme qui va donner à l’expérience extrême de lui-même et de l’autre un pouvoir de révélation. Cette dérive assumée, consciente, délibérée, ultime dispositif de résistance, donne naissance à l’oeuvre pour ne faire qu’un seul et même objet, cet objet-corps qu’il utilise pour dire l’aliénation contemporaine. L’innombrable, l’indicible, la stupeur, l’extase, le mutisme, de telles figures trahissent le rapport que l’oeuvre d’Antoine d’Agata entretient avec la mort, cette limite à laquelle il s’adresse et contre laquelle il est dressé.

Autour de l’exposition, des rencontres, débats, performances, lectures… afin d’éclairer cette oeuvre dense, nourrie de nombreuses références – littéraires, philosophiques, esthétiques – et des passeurs aussi, qui témoigneront de leur rencontre avec Antoine d’Agata. Enfin, un cycle de cinéma, proposé par un autre compagnon de route, Philippe Azoury, invitera à découvrir un univers cinématographique commun avec Antoine d’Agata. Diane Dufour

ANTOINE D’AGATA

Né à Marseille en 1961, Antoine d’Agata quitte la France en 1983 pour une dizaine d’années. Alors qu’il séjourne à New York en 1990, il s’inscrit à l’International Center of Photography où il suit notamment les cours de Larry Clark et de Nan Goldin. En 1993, il revient en France et interrompt son travail de photographe durant quatre ans. En 1998 paraissent ses premiers ouvrages, De Mala Muerte et Mala Noche. L’année suivante, il rejoint la galerie Vu à peine créée par Christian Caujolle. En 2001, il reçoit le prix Niepce. En septembre 2003 est inaugurée à Paris l’exposition 1001 Nuits, qu’accompagne la sortie de deux ouvrages, Vortex et Insomnia. Il intègre Magnum en 2004, publie son cinquième livre, Stigma, et tourne son premier court-métrage, El Cielo del muerto. L’année suivante paraît Manifeste. En 2006, il tourne son deuxième film, Aka Ana, à Tokyo. Parmi ses livres récents, Ice, et Position(s), sortis en 2012. Sans port d’attaches depuis 2005, Antoine d’Agata photographie à travers le monde et prépare prépare son troisième film (Independencia Productions en association avec Arte la Lucarne, sortie mi 2013). Antoine d’Agata est représenté par la galerie Les Filles du Calvaire qui lui consacrera une exposition du 15 mars au 27 avril 2013.

ANTICORPS – ANTOINE D’AGATA ÉDITIONS XAVIER BARRAL

Journal autobiographique, récit chronologique d’un parcours désordonné, confrontation intime qui se nourrit de la capacité unique qu’a la photographie d’extirper de situations vécues un langage élaboré mais instantané, ce livre offre une plongée vertigineuse dans la nuit qui forge la réflexion menée par d’Agata sur le rapport de force entre deux mondes antagonistes. De l’aliénation sociale à la solidarité de la chair, de l’immoralité à la transparence de l’amoralité, de la politique à la pornographie, de l’ivresse à la prostration narcotique, de la parole à l’instinct, de la confusion des sens à l’hystérie, de la perception à l’action, de l’absorption inconsciente du monde à la lucidité.

Les images deviennent toujours plus abstraites au fil du livre, révèlent la dégénérescence due non seulement à la violence accrue des situations mais aussi à une lente évolution du noir et blanc vers la couleur, vers le numérique. Elles se frottent à l’autre facette du livre, au travail de jour, au travail méticuleux d’inventaire, de mises en séquences. La méthodologie de classement et l’utilisation compulsive de blocs d’images ramènent le spectateur à une certaine rigidité de l’espace physique et social qui fait écho au formatage violent mais insidieux de l’individu dans la société moderne.

Commissaires de l’exposition : Fannie Escoulen et Bernard Marcadé

  • Exposition du 24 janvier au 14 avril 2013

LE BAL

  • 6, Impasse de la Défense,
  • 75018 Paris

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  • Relié: 500 pages
  • Editeur : Editions Xavier Barral (16 janvier 2013)
  • Collection : BEAUX LIVRES
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2365110037
  • ISBN-13: 978-2365110037
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