Anthony Goicolea à la Galerie Particulière

Anthony Goicolea
Growth Spurt, série DecemberMay, C-Print, 50,8 x 50,8 cm, 2010

Artiste plasticien pluridisciplinaire, Anthony Goicolea explore depuis près de quinze ans des questions liées à la construction de l’identité masculine pendant l’adolescence: rites de passage, vie en communauté, héritage familial et culturel, promiscuité de l’enfance mais également agressivité et brutalité, interaction avec son environnement, narcissisme, religion… Les techniques employées (photographies noir et blanc, couleurs, dessins, installations ou encore vidéos) sont aussi multiples que les sujets qu’il aborde.

A travers un monde que l’artiste a su inventer et récréer au fur et à mesure de ses nouvelles séries -d’une incroyable cohérence- d’une extrême richesse en symboles et métaphores, Anthony Goicolea se révèle capable d’étreindre des questionnements aussi profonds et vastes que le faisaient les récits mythiques. Mêlant histoire de l’art, religions, mythologies, sciences fictions, rêves et contes de fées, Anthony Goicolea nous plonge dans un univers ambigu, quelquefois déroutant mais toujours fascinant.

Souvent peuplés d’adolescents vêtus d’uniformes scolaires de l’époque victorienne (dans ses premiers travaux, les différents protagonistes étaient tous ses propres clones) évoluant dans des paysages menaçants et fantaisistes – qui à bien des égards sont voisins d’une conception de la Nature proche du courant Romantique au XIXème siècle), les photographies d’Anthony Goicolea décrivent des scènes d’autres temps qui semblent prendre place aux limites de nos sociétés classiques : tribus d’enfants menaçants et perdus, camps d’où d’éternels adolescents oscillent entre peur et agressivité, aspect sauvage et paranoïaque d’une vie dépendante de la nature, lieux sans âge qui furent jadis occupés et qui sont aujourd’hui le théâtre de rites énigmatiques où l’homme en devenir aurait perdu toute individualité pour faire corps avec le groupe, se fondant avec la meute. Comme si seul face à ses démons, l’individu isolé ne saurait vaincre.

Ces interrogations, traitées stylistiquement sous la forme de fables sombres, restent ouvertes. Fait d’ambigüités et d’oppositions, où pathos et innocence se mêlent, où les beautés naturelles rivalisent avec les compositions artificielles, où la fantaisie cohabite avec un contrôle excessif, presque militaire, peuplé d’animaux prophylactiques mais aussi d’une faune malveillante, aux paysages post apocalyptiques ou au contraire proches d’un Eden kitch et mielleux, le monde d’Anthony Goicolea se révèle par bien des égards troublant et d’une rare complexité.

Anthony Goicolea a obtenu en 1992 un BFA (peinture et dessin) à l’Unviversity de Georgia, Athens, et un MFA en sculpture et photographie en 1996 au Pratt Institute of Art de New York. Il est aussi diplômé d’Histoire de l’Art et de Langues Modernes.

Ses oeuvres sont notamment dans les collections de : Salomon Guggenheim Museum, MoMa, Withney Museum, Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Museum of Contemporary Photography, Chicago…

  • Exposition du 14 mars 2013 au 27 avril 2013

La Galerie Particulière

 

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