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Anggun s’envole avec Aviation Sans Frontières

Anggun-ASF

Anggun est la nouvelle marraine de l’association Aviation Sans Frontières

Anggun est une artiste engagée, une femme de cœur qui n’hésite pas à prendre la parole dans les médias et partager ses valeurs et son point de vue sur la société. Anggun est partie Madagascar avec Florence, infirmière-accompagnatrice bénévole à Aviation Sans Frontières, pour amener en France deux bébés en urgence de soins. Fidèle aux valeurs qu’elle défend, l’artiste va porter la voix des missions auprès du grand public en devenant sa nouvelle marraine. Son voyage a été filmé et diffusé lors de l’émission « Une Nuit avec les Héros de la Santé ». Profondément marquée par cette mission, Anggun a tenu à témoigner dans une lettre qu vous nous présentons ci-dessous :

C’était un dimanche matin de novembre. Il faisait froid. Un dimanche étrange et morose. Nous étions seulement deux jours après les attentats de Paris. La tristesse était commune et immense. Ce dimanche-là je trainais ma valise à l’aéroport. Je vais vers un pays de l’hémisphère Sud. Cela m’arrive assez souvent mais cette fois-ci ce voyage n’était pas pour moi. J’ai rencontré plusieurs personnes à l’aéroport et, parmi elles, Florence Baudel. Souriante, poignée de main franche et un visage solaire et rassurant. Je l’assiste pour ce voyage et nous partons vers Madagascar.

Je ne connaissais rien de ce grand pays et pas grand-chose non plus de Florence. Je ne savais pas que ce voyage allait être aussi important pour moi. Une fois arrivée à Antananarivo, j’ai reçu un gilet bleu, siglé « Aviation Sans Frontières » : je suis en mission. Je me suis rendue avec Florence dans les bureaux de Médecins du Monde pour rencontrer les enfants malades et leurs parents. Nous devons ramener deux petits garçons d’un an et demi pour l’un et presque deux ans pour l’autre, Jean-Jacques et Rojo. En nous voyant pour la première fois, ils pleurent. Ils ressentent instinctivement que nous allons les éloigner momentanément de leurs parents. Je suis très émue, je suis maman et je connais cette angoisse enfantine. Comme je le fais pour ma propre fille, je connais les gestes et les paroles pour les apaiser. Mais comme tétanisée par cette émotion, je n’ose pas m’imposer. Je laisse Florence faire. Elle parle aux enfants avec douceur et conviction. Elle rassure les parents. Je la regarde faire. Elle est incroyable.
Je parle beaucoup avec elle, je lui pose des tas de questions, j’absorbe telle une éponge sa capacité à transmettre l’espoir. Florence est d’une extrême douceur, elle est habile dans ses mots et sa gestuelle.

Comme tous les gens au grand cœur, elle n’aime pas parler d’elle. L’humilité est sa force. Elle dit pourtant que ce qu’elle fait, “n’importe qui pourrait le faire”. Je ne suis pas vraiment d’accord avec elle. Et puis la nuit tombe, on doit partir pour rejoindre la France avec les enfants.

Les familles sont venues à l’aéroport. Les mamans tremblent à l’idée de laisser leurs enfants à des personnes qu’elles ne connaissent pas. Je pense alors à leur courage. Et je regarde Florence rassurer tout le monde. Les familles pleurent, je pleure avec elles, je ne peux retenir mon émotion. Je leur promets de prendre soin des petits, ma voix tremble, mes larmes coulent. Et Florence me dit : « Il faut surtout que tu penses au fait qu’ils vont être soignés ». Elle a raison.

Les enfants arrivent à s’endormir avant que l’avion ne décolle. Il est deux heures du matin. Quelques heures plus tard, les enfants se réveillent, en pleurs. C’est tellement difficile pour eux. Il y a des bruits, des personnes et des odeurs auxquelles ils ne sont pas habitués. Rojo, l’enfant dont je m’occupe montre des signes d’angoisse. Comment calmer un enfant dont on ne parle pas la langue ? Je parle à voix douce, je me dis qu’il me comprend. Je le porte fort contre moi. Après des heures de larmes, Rojo s’endort enfin. À son réveil, je lui chante une berceuse improvisée, je lui dis que je comprends ce qu’il ressent, et je lui promets que tout ira bien.

Arrivée à Paris. Le voyage fut très long mais une fois sortis de l’avion, tout se précipite. Les familles d’accueil nous attendent à la sortie. Il faut maintenant leur confier les enfants. Pour la première fois, « Florence la forteresse » fissure l’armure et fond en larmes. J’embrasse Rojo et Jean-Jacques, puis je leur dis à bientôt. Je sais qu’ils sont en de bonnes mains, qu’ils vont être soignés, et qu’ils pourront vivre une vie digne et entière.

Ce voyage m’a marquée à tout jamais. J’ai pu faire connaissance d’une âme belle, Florence. Alors que nous étions dans la torpeur post-attentat, elle m’a redonné espoir en l’humanité. Oui il y a du beau chez l’humain. Tout est encore possible, chacun d’entre nous peut faire le bien. Il suffit parfois juste d’ouvrir ses yeux et son cœur pour le comprendre. Florence est ma nouvelle héroïne (rires) ! Elle ne se rend pas compte mais la regarder faire ce qu’il lui semble si « normal » me donne une magnifique leçon de vie. Faire du bien est admirable mais donner la possibilité aux autres d’en faire est tout aussi merveilleux.

Aviation Sans Frontières et Florence m’ont donné la possibilité d’aider l’Autre. Du fond de mon cœur, merci… Anggun

Aviation Sans Frontières

En 1968, des pilotes et mécaniciens navigants d’Air France, profondément touchés par les abominations de la guerre du Biafra, décident de participer à une opération de survie en créant un pont aérien. De là est née la prise de conscience que la communauté de l’aviation avait un rôle spécifique à jouer dans les opérations humanitaires. En 1980, Aviation Sans Frontières voit le jour : acteur essentiel de la chaîne humanitaire internationale, Aviation Sans Frontières mobilise son expertise, ses avions et le réseau aérien pour acheminer l’aide d’urgence depuis la France et ses bases à l’étranger, et transporter ou accompagner des personnes partout dans le monde. ONG reconnue d’utilité publique, Aviation Sans Frontières dispose de ses propres avions, des Cessna Caravan basés en Afrique, grâce auxquels elle apporte un soutien logistique essentiel à plus de 180 organisations partenaires, dans la mise en œuvre rapide et efficace de l’aide humanitaire. Elle est la première ONG détentrice d’un certificat de transporteur aérien (CTA) européen au même titre que toute compagnie aérienne certifiée. Elle est partenaire du Conseil économique et social des Nations Unies et de la Direction Générale Aide Humanitaire et Protection Civile de la Commission européenne. À l’international, Aviation Sans Frontières accompagne, chaque année, des centaines d’enfants en urgence de soins pour les faire opérer en Europe, achemine des produits de première nécessité en faveur des populations les plus démunies, et accompagne des personnes ayant obtenu le droit d’asile vers leur nouveau pays d’accueil. En France, Aviation Sans Frontières travaille en collaboration avec 19 aéroclubs pour permettre à des jeunes socialement isolés et à des personnes handicapées de découvrir l’univers de l’aérien.  En savoir plus sur l’association Aviation Sans Frontières 

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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