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11e baromètre Ipsos – SPF 2017 : La pauvreté s’enracine davantage en France

Pauvreté en France

En 2017, 57% des Français déclarent avoir déjà pensé être « sur le point de connaître une situation de pauvreté » selon le 11e baromètre Ipsos / SPF 2017

De plus en plus de Français se sentent menacés par la pauvreté et le constat est sans appel : la pauvreté prend racine. Année après année, le baromètre Ipsos-SPF pointe un maintien de la pauvreté en France. En 2017, encore plus d’un tiers des Français (37%) ont déjà fait l’expérience de la pauvreté. Depuis dix ans, cette précarisation ne cesse d’augmenter. Elle s’enracine et s’étend, touchant des pans entiers de la population, y compris les seniors dont un nombre croissant peine à manger à sa faim et à se soigner. 49% des personnes âgées ont connu la pauvreté ou la redoutent. 39% des seniors ont du mal à payer certains actes médicaux.

pauvreté en France 2017

 En France en 2017, selon le seuil de pauvreté adopté, un individu est considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 846 euros (seuil à 50 % du revenu médian) ou 1 015 euros (seuil à 60 %). (Source : Observatoire des inégalités)

En 2017, 57% des sondés déclarent ainsi s’être dit, au cours de leur vie, qu’ils étaient «sur le point de connaître une situation de pauvreté» s’être trouvés menacés par la pauvreté. Ils étaient 55% en 2016 et 52% en 2015.

Quatre sondés sur dix (39%) indiquent rencontrer des difficultés à payer certains actes médicaux qui sont remboursés par la Sécurité sociale. Un cinquième des sondés a déjà renoncé à l’achat de prothèses dentaires faute de moyens et 16% ont déjà renoncé à une consultation chez un médecin spécialiste pour les mêmes raisons. En ce qui concerne l’accès à des lunettes ou à des médicaments, 12% des personnes interrogées s’en sont également privé faute de budget.

Le rapport indique aussi que les vacances ainsi que l’accès à des activités culturelles sont les premiers postes de réduction des dépenses pour une grande partie des Français. Ainsi, 45% d’entre eux déclarent avoir des difficultés à partir en vacances une fois pas ans faute de budget, et 43% éprouvent également des difficultés à s’offrir des loisirs ou des sorties culturelles, seul ou en famille.

Toujours selon cette étude du Secours Populaire Français, 36% des Français déclarent qu’ils parviennent à peine à « boucler » leur budget avec leurs revenus mensuels. 40% arrivent « à mettre un peu de côté », et seuls 3% sont capables de « mettre beaucoup d’argent de côté » chaque mois. Plus de 30% des Français peinent à payer leurs loyers et leurs impôts.  Chez les Français gagnant moins de 2000 euros par mois, la part des personnes ayant des difficultés à payer leur logement s’élève à près de 50%.

Selon  l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, fin 2015, 4,2 millions de personnes sont allocataires de l’un des dix minima sociaux en vigueur en France. En incluant les conjoints et les personnes à charge, le nombre de la population couverte par ces prestations représente environ 7 millions de personnes, soit 11 % de la population. La moindre croissance des effectifs en 2014 (+2,7 %), après les fortes hausses en 2012 et 2013 (+4,5 % par an), se confirme en 2015. Il souligne également, que plus de la moitié des familles monoparentales sont pauvres. Toujours selon l’Observatoire, il faut au minimum 1424 euros par mois pour vivre décemment  par mois pour une personne active seule, le Smic étant actuellement de 1457 euros bruts.

La situation vis-à-vis de la pauvreté est très liée au statut d’activité. En 2015, 37,6 % des chômeurs vivent au-dessous du seuil de pauvreté contre 6,5 % des salariés. Pour les actifs, occupés ou au chômage, le taux de pauvreté varie fortement selon la catégorie socioprofessionnelle : 15,3 % des ouvriers sont pauvres selon l’approche monétaire contre 3,1 % des cadres et professions intellectuelles supérieures. En 2015, en France, le niveau de vie médian de la population s’élève à 20 300 euros annuels, soit un montant légèrement plus élevé que celui de 2014 en euros constants. En 2015, les 10 % de personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 860 euros. Les 10 % les plus aisées ont un niveau de vie au moins 3,5 fois supérieur, au-delà de 37 510 euros.

Partout en France, dans les 1 256 permanences d’accueil, de solidarité et relais-santé du Secours populaire, les bénévoles ont constaté sur le terrain une dégradation des conditions de vie des plus précaires. Ils ont du faire face à une explosion des demandes d’aides. Hommes, femmes, enfants, jeunes, retraités, étudiants, travailleurs ou sans-emplois : personne n’est épargné. 2 941 440 personnes en difficulté ont été accueillies et aidées par le Secours populaire en 2016..

Depuis quelques années, la part des seniors de plus de 60 ans soutenus par le SPF augmente constamment, passant de 165 644 en 2010 à 246 150 en 2016. Parmi eux, de plus en plus de femmes âgées précaires et isolées. La France a vu aussi le nombre de SDF passer de 75.000 à 140.000 entre 2007 et 2017, tandis que les strates les plus favorisées ont vu leurs revenus exploser.  Parmi les seniors modestes, 40% déclarent « qu’ils n’ont pas les moyens de se procurer une alimentation saine leur permettant de faire trois repas par jour« 

En résumé de cette étude, le Secours populaire note qu’il n’y a aujourd’hui « aucun signe notable d’amélioration du quotidien des plus démunis, bien au contraire« . Dans plusieurs départements, l’association a noté une hausse des demandes d’aides, variant de 15 à 50% cette année.  Le constat de ce  11e baromètre Ipsos-Secours populaire, publié hier, est « sans appel« . Dans une société en « précarisation« , de plus en plus de Français se sentent menacés par la pauvreté.

Des solutions existent :

Peut être des solutions, ce matin Rutger Bregman, historien, était sur France Inter, l’invité d’Ali Baddou. Rutger Bregman, parle notamment de la notion du « revenu universel » qu’il a popularisé aux Pays-Bas et apporte des pistes pour commencer peut-être, à en finir avec la pauvreté. Des réponses a retrouver dans sont dans son livre « Utopies réalistes » qui vient de sortir aux éditions du Seuil. Il indique aussi que la pauvreté coûte très cher aux états, et revient sur une expérience mené à Londres sur 13 hommes sans-abris : « Ils ont reçu 13 000 livres sterlings, ils ont acheté des dictionnaires, des choses concrètes, et après expériences, 7 sur 13 avaient un toit au-dessus de leur tête » Ça a du sens sur un plan économique et financier« , conclut-il.

Ce sondage annuel, a été réalisé fin juin auprès de près de 1 300 personnes, Tout les informations supplémentaires sur : https://www.secourspopulaire.fr/11e-barometre-ipsos-spf-2017

Photo : DR et Secours Populaire Français

Rutger Bregman sur France Inter ce Matin

Utopies réalistes

Le pitch d’Utopies réalistes : Ouvrir grand les frontières, une semaine de travail de quinze heures, le revenu de base universel… Des idées naïves et dépassées ou bien la force de l’utopie renouvelée ? Résolument anti-décliniste, Utopies réalistes tombe à pic et nous explique comment construire un monde idéal aujourd’hui et ne pas désespérer ! D’une ville canadienne qui a totalement éradiqué la pauvreté à l’histoire d’un revenu de base pour des millions d’Américains sous Richard Nixon, Rutger Bregman nous emmène dans un voyage à travers l’histoire, et, au-delà des divisions traditionnelles gauche-droite, il défend des idées qui s’imposent par la force même de l’exemple et le sérieux de la démarche historique. Tout progrès de la civilisation – des débuts de la démocratie à la fin de l’esclavage – fut d’abord considéré comme un fantasme de doux rêveurs.

À la fois stimulant et passionnant, appuyé sur les travaux d’Esther Duflo, Thomas Piketty, David Graeber, etc., cet essai vif, pédagogique et amusant rouvre plusieurs perspectives : la réduction du temps de travail, le revenu universel, et plus largement la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités, la taxation des flux financiers, et enfin l’ouverture des frontières. Alors laissons l’enthousiasme de l’auteur, à contre-courant du pessimisme ambiant, nous convaincre que de nouvelles propositions utopiques peuvent être envisageables à court terme.

Historien, journaliste pour le magazine en ligne De Correspondent, Rutger Bregman a publié quatre livres sur l’histoire, la philosophie et l’économie. Formidable succès au Pays-Bas, Utopies réalistes est en cours de traduction dans 17 pays et depuis sa sortie au Royaume-Uni est dans la liste des meilleures ventes.

Rutger Bregman

Historien, journaliste pour le magazine en ligne De Correspondent, Rutger Bregman a publié quatre livres sur l’histoire, la philosophie et l’économie. L’édition néerlandaise d’Utopies réalistes est devenue un best-seller et a lancé dans son pays un mouvement en faveur du revenu minimum universel dont la presse internationale s’est fait l’écho.

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Le Seuil
  • Collection : DOCUMENTS (H.C)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 202136187X
  • ISBN-13: 978-2021361872

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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